Last Train x Little Lions

Last Train : « Notre public, un ingrédient essentiel »

Par le 15 avril 2017

Nous avons rencontré Last Train le 7 avril, jour de la sortie de leur premier album  » Weathering « , le temps d’une conversation à la cool autour de quelques bières comme ils le font souvent depuis qu’ils ont commencé à tourner depuis 3 ans. Après les sorties remarquées de deux EP, « Holy Family » en 2015 et « Fragile » en 2016, le groupe de Mulhouse a construit cet album sans se presser, prenant le temps de se développer à leur rythme et de peaufiner leur musique au fil des rencontres avec leur public.

Little Lions : Pour commencer, une question un peu bête mais assez révélatrice. Comment vous sentez-vous aujourd’hui, en cette journée de sortie de votre premier album ?

Antoine (batteur) : Bien. Très très bien.

Tim (bassiste) : Content. On est content que ça arrive.

Julien (guitariste) : Je crois qu’aujourd’hui, on est libéré. On est dans le speed aussi depuis ce matin. On jouait hier soir en Belgique et aujourd’hui on débarque à Paris, tout s’est enquillé très vite. Ça me rappelle un peu la sensation de la première fois au Printemps de Bourges, le coté super rush où tout s’enchaîne.

Jean-Noël (chanteur / guitariste) : Oui, et puis t’as des retours de partout, c’est un peu comme si c’était notre anniversaire à tous les 4. On reçoit 100 000 messages, ça fait bizarre. Mais d’une certaine manière, on s’en branle un peu parce que cet album, on le connait par cœur, maintenant c’est juste les gens qui y ont accès alors qu’on y travaille depuis longtemps.

Tous : Mais ça fait quand même quelque chose !

 

Little Lions : Quelle est l’histoire de cet album ? Comment il est né, comment il s’est construit ?

Julien: très longue !

Antoine : En gros, ça s’est fait sur des sessions de studio qui se sont étalées sur 2 ans et demi, presque 3 ans. On l’a enregistré avec un copain qui s’appelle Rémi Gettliffe. Quand on a commencé à enregistrer, il a monté son studio dans une grange, et du coup, l’album s’est construit en même temps que le studio. On dormait dans ce qui est devenu la régie, on bouffait des pâtes froides, c’était rigolo. Au fur et à mesure, tout s’est construit de son côté et pour la dernière session en décembre, le studio était fini aussi.

Tim : Oui et du coup on tournait en continu à côté depuis le début, dès l’enregistrement des titres comme « Fire » ou « Cold Fever » qui sont les plus anciens. On a commencé à faire des concerts à cette période et on s’est pas arrêté jusqu’à maintenant, donc l’album c’est ça, les trous dans la tournée, surtout qu’on tourne un peu comme des bâtards. Du coup, dans ces tournées, on trouvait des petits blocs de 2 semaines où on allait en studio en Alsace.

Jean Noël : C’était long oui mais c’était très naturel aussi parce qu’on a rien forcé. On s’est jamais dit « allez venez, maintenant on va enregistrer notre album ». Quoique, on y a pensé au départ mais on est très vite revenu sur cette idée. Mais ça s’est pas passé comme ça, c’est surtout plein de séances de studio, avec entre temps des sorties d’EP. Sur ces EP, il y a des morceaux qui sont sur l’album, d’autres qui sont jamais sortis. Mais au lieu d’enregistrer 12 titres, on en a enregistré plein et aujourd’hui, au jour J du 7 avril, on avait envie de sortir ces 12 titres là pour représenter tout ce qu’on est plus ou moins depuis le début de l’aventure, donc on est content et fier.

« On aime bien dire que c’est un arrêt sur image, Last Train aujourd’hui, c’est ça, ça représente bien ce qu’on est, c’est la première pierre à l’édifice de notre discographie. »

 Little Lions : Comment avez-vous choisi les 12 titres ?

Jean-Noël : C’était les mieux ! (rires) Non, c’est pas ça, c’est surtout qu’il fallait que ça raconte une histoire et que ce soit cohérent et honnête. D’ailleurs, les 2 EP, Holy Family et Fragile, ils ont leur histoire et leur titre éponyme et là, c’est aussi le cas avec l’album Weathering. On aime bien dire que c’est un arrêt sur image, Last Train aujourd’hui, c’est ça, ça représente bien ce qu’on est, c’est la première pierre à l’édifice de notre discographie.

Julien : Et je pense que s’il y a un deuxième album, on pourra plus le faire sur le modèle « venez, on va enregistrer l’album »

Jean-Noël : peut-être mais c’est pas dit, on verra.

Last Train x Little Lions

© Florian Duboé

 Little Lions : Et pour la composition, vous êtes aussi dans cet esprit où chaque chanson a son histoire et sa manière de se créer ou vous avez un process plus défini ?

Antoine : Chaque chanson a sa composition propre et sa petite histoire de construction mais souvent, c’est Jean-No qui apporte une idée déjà bien définie et ensuite, on fait tous ensemble une sorte de table de production où on se dit ce passage est trop long, ou pas assez, etc. Quand on passe aux arrangements, on peaufine en partant de l’idée de base et en se disant, pour moi par exemple, je préfère jouer ça à la batterie, est-ce que ça sonne mieux? Pareil avec ce que va jouer Julien à la guitare ou Tim à la basse. En gros, y a une idée principale et on modèle tout ça au fur et à mesure.

Tim : Et tous les morceaux sont ensuite testés en live. On les répète et on les amène en tournée, on regarde ce qu’ils deviennent. C’est quand on les joue sur scène qu’on voit si certains passages fonctionnent ou pas, ça se sent. L’album s’est aussi construit en live en fait. Il doit y avoir seulement 2 ou 3 titres qu’on a jamais joué en concert avant cette tournée là.

Antoine : « House on the moon » par exemple, c’est un morceau qui a changé de structure au moins 5 fois en un an ou un an et demi.

Julien : Never seen aussi. Y a eu plein de tests.

Tim : Oui, le live. On a un kiné qui nous suit et qui dit qu’à chaque concert, on recompose les morceaux avec un élément en plus qui est le public, qui est un ingrédient dans la recette que va donner le morceau et je trouve ça très beau parce que c’est vraiment une composante essentielle.

Antoine : c’est le principe de faire un concert en fait.

« J’ai l’impression qu’il y a quand même un lien très fort entre le public et nous. C’est une petite communauté très soudée et très à l’écoute, très attentive »

Little Lions : Du coup, l’évolution qu’on sent entre les EP et l’album vient surtout de ce retour du public tout au long des 3 ans des tournées

Jean-Noël : J’ai l’impression qu’on est vachement proche du public parce que ça a été une stratégie de sortir un album très tard après avoir beaucoup tourné et après avoir rencontré les gens. Il fallait aller les chercher vu qu’on avait pas de disque, pas de promo, donc on avait que le live pour aller les voir. Du coup, on prend beaucoup de temps pour discuter et interagir avec tout le monde. On répond beaucoup aux mails, aux commentaires sur Facebook, parce que ça nous touche et aussi parce qu’on a été dans la situation inverse avec des groupes qui nous influençaient et avec lesquels on aurait bien aimé avoir ce retour. Donc oui, j’ai l’impression qu’on est très proche de notre public et même si aujourd’hui on a pas forcément une force de frappe très excessive en terme de ventes d’albums ou de places de concerts parce qu’on est un petit groupe, j’ai l’impression qu’il y a quand même un lien très fort entre le public et nous. C’est une petite communauté très soudée et très à l’écoute, très attentive.

Antoine : C’est assez rigolo parce qu’à chaque fois qu’on va dans certains coins de France, on fait des paris sur quels mecs on va voir, parce qu’on les connaît maintenant les gars.

Tim : Y en a certains dans le grand est, ils sont venus plus de dix fois !

Antoine : Ouais, l’année dernière, y en a un, je lui ai dit que je le voyais plus souvent que mes parents !

Jean-Noël : Après, d’une manière plus générale, même les feedbacks sur tout ce qu’on poste sur les réseaux sociaux, on se rend compte qu’il y a des groupes de renommée internationale qui ne peuvent pas avoir ce rapport là dans le sens où on prend le temps de le faire et notre public le ressent aussi.

Antoine : oui c’est sûr, quand t’es super connu, tu viens pas discuter au merchandising, c’est pas gérable. Imagines le mec de Muse qui vient de sortir de son concert et qui vient faire « salut les gars ! »

Jean-Noël : bien sûr, je parlais pas de Muse mais des groupes qui tournent un peu et qui ne font déjà plus ça.

« Ouais, l’année dernière, y en a un, je lui ai dit que je le voyais plus souvent que mes parents ! »

Little Lions : C’est aussi la génération aussi qui veut ça, tout le monde est connecté et attend un retour, un partage permanent. Pour reprendre l’exemple de Muse, quand ils ont commencé à 16 ans, ils jouaient en festival et pouvaient sûrement discuter avec le public à ces occasions là, mais ils avaient pas ces outils d’échange permanent comme aujourd’hui avec Facebook.

Antoine : Oui c’est sûr qu’avec Facebook, t’as un retour direct. Des fois, on a des gars qui nous envoient des messages et qu’on voit 2-3 jours après au concert et on leur dit « ah oui, c’est avec toi qu’on a discuté » et certains hallucinent qu’on s’en rappelle alors que pour nous, c’est hyper naturel ce lien permanent.

Jean-Noël : Oui et c’est très cool je trouve, c’est très sincère de base parce qu’on est comme ça, on aime relativement bien les gens, on aime tripper, et on aime surtout rire et vivre des trucs.

Tim : D’ailleurs on vivrait pas les mêmes choses si à la fin des concerts on ne sortait pas en disant « hé les gars, c’est où l’after ? »

Jean-Noël: c’est vrai que ça arrive même en plein concert, on lance « où est-ce qu’on va ce soir, on a envie de sortir ! »  Pas plus tard qu’hier à Liège, on a retrouvé les gens du concert dans un bar. Et ça n’empêche pas d’être professionnel et de bien faire les choses.

Last Train x Little Lions

© Maëva Nicolas

Little Lions : Oui, je dis souvent que les meilleures connexions se font en after.

Jean-Noël : et oui, l’alcool ça tisse des liens ! (rires)

Tim : Pour continuer sur les réseaux sociaux, c’est vrai qu’en tenant nous-même la page Facebook, on voit souvent des noms qui reviennent et forcément, comme on est de cette génération, on va les stalker aussi ! Ça m’est déjà arrivé d’être au merch à la fin du concert et d’avoir une nana qui vient faire dédicacer son CD et moi je lui sors son prénom !

Jean-Noël : ou alors tu lui sors son pseudo instagram

Tim : Et du coup, ils sont choqués ! Alors on a envie de leur dire « mais les gars, on vous lit hein ! »

Jean-Noël : oui c’est marrant de lire les feeds quand ils pensent qu’on est pas là.

Antoine : ouais et des fois, on a envie de commenter et de dire « hé les gars, on est là, on vous voit ». Une fois, ils s’identifiaient sur une photo et ils on commencé à s’embrouiller, on avait envie de leur dire « hé calmez-vous ! »

 « On grandit sur l’écriture musicale »

Little Lions : C’est ce rapport avec le public qui a influencé l’évolution entre les EP et l’album ? J’ai l’impression que le premier EP Holy Family exprimait une sorte de rage brute, alors que cet album est plus subtile.

Antoine : Je sais pas si c’est uniquement dû à l’échange avec le public. C’est aussi que sur 3 ans, on a beaucoup évolué mais c’est surtout sur la compo, la façon de composer les chansons, il y a beaucoup plus de trucs qui sont pensés. Par exemple, Jean-No qui parle de transition majeur / mineur, où d’un coup le mineur va beaucoup plus servir, ça c’est des trucs qu’on faisait pas y a 3 ans, de réfléchir à ce point là.

Jean-Noël : oui on grandit sur l’écriture musicale mais y a aussi un truc tout con, c’est que sur les EP, on avait que 4 titres pour s’exprimer. Holy family, c’était notre premier EP. Avec les 4 titres, il fallait qu’on définisse plus ou moins ce qu’on était, on voulait que ça bastonne et que ça envoie. Après, Fragile, c’est typiquement la chanson qui parle de haine et de rage alors que c’est une chanson calme, très lente et y en a plusieurs autres dans l’album. C’est juste qu’on a différents outils et plus de place pour l’exprimer, donc on le fait de manière un peu différente plutôt que de très explicitement gueuler dans un micro et de taper fort. On a aussi l’ambition de pas faire que du rock’n’roll qui envoie mais aussi de faire des belles choses, même si c’est un peu bizarre à dire, mais le discours est différent du coup.

Tim : Même par rapport aux paroles, on disait souvent au début qu’on composait d’abord le morceau et qu’on allait ensuite mettre des paroles dessus mais maintenant, on aime de plus en plus écrire, on a plus de choses à dire, plus l’envie. Y a 4-5 ans, les paroles étaient pas ouf, ça a évolué.

Antoine : t’as des mécanismes aussi qui se mettent en place, c’est comme tout. A force de le faire, tu arrives mieux à ressortir les trucs. C’est comme un travail en fait, plus tu le fais, plus tu arrives à aboutir à ce que tu veux faire.

Little Lions : Du coup, vous trouvez que l’album est plus fidèle à ce que vous êtes ? Ou du moins que c’est une bonne photo du moment.

Tim : Oui voilà, c’est un imprim’ écran du moment.

Antoine : oh le geek ! (rires)

Jean-Noël : oui c’est une imprim’ écran plus large, plus mature aussi.

Little Lions : Jean-Noël, tu disais toute à l’heure que l’album racontait une histoire, tu peux développer ?

Jean-Noël : Oui, mais c’est pas un concept album, loin de là. L’idée, c’est surtout que c’est notre histoire depuis longtemps, bien avant les 3 ans. C’est surtout l’histoire de 4 potes qui se sont rencontrés et qui ont eu envie de faire de la musique ensemble et qui sont partis en tournée. Aujourd’hui, on est très content parce qu’il y a un engouement autour du projet et on est ravi de ça. Mais en soi, il n’y a pas une histoire dans l’album si ce n’est les expériences de vie communes qu’on a eu tous les 4 et parallèlement les expériences persos qu’on a chacun de notre coté. C’est ce qui a fait cet album et c’est le truc le plus honnête qu’on puisse dire aujourd’hui. C’est l’histoire de nos vies qui a influencé l’écriture de cet album.

Julien : c’est beau ! (rires)

« C’est l’histoire de nos vies qui a influencé l’écriture de cet album. »

Little Lions : Vous avez donc beaucoup tourné pendant ces 3 ans. Est-ce qu’il y a des moments ou des lieux qui vous ont marqué particulièrement ? 

Tim : ah non, on oublie tout, on est tout le temps trop bourré ! (rires)

Jean-Noël : en fait, c’est relativement compliqué de ressortir un moment. Vu qu’on est très potes, très proches et très cons, il y a des choses dérisoires qui peuvent devenir de très grands délires. Et d’un autre côté, quand on a joué en Birmanie, avec le contexte politique là-bas, c’est la première fois que la grande place est ouverte au public, la première fois qu’un festival est organisé et là, tu joues, y a 40 000 personnes devant toi et c’est assez fou. Mais 3 ans plus tôt, on a aussi fait une tournée européenne juste tous les 4 qu’on a monté nous-mêmes dans 15 bars d’Europe et il s’est passé aussi des trucs assez chanmé.

Julien : comme quand on poussait le van et que la radio s’est allumée toute seule pour mettre Oasis !

Jean-Noël : ça c’était un moment exceptionnel ! Mais oui, c’est pas con dit comme ça, avec l’histoire de famille qu’on s’est créé, n’importe quel petit détail peut devenir très grand, et les grandes choses sont complètement décuplées aussi.

Julien : et après tout est détourné dans les souvenirs, dans les blagues…

Tim : Bon après, en Birmanie, y avait vraiment 40 000 personnes !

Antoine : oui je m’en souviens, je les ai encore sous les yeux !

Tim : Et comme à Birmingham, y en avait vraiment que 10, voire 5, il y avait personne, et ils étaient loin ! La salle était grande et ils étaient assis loin, c’était chelou. Et t’avais un sosie de Bob Marley qui mixait mais on comprenait rien parce qu’ils ont un accent dingue là bas.

Antoine : ouais, c’est pas loin de l’Écosse et ils commencent à avoir un accent incompréhensible. D’ailleurs, on était allé chez le garagiste parce que notre van était en panne. Le mec parlait pendant 15 minutes et je bittais un mot sur dix. Alors au bout d’un moment, on essaie de lui reposer des questions et il a fallu encore 5 minutes pour qu’on commence à comprendre qu’il disait « alternator ». Du coup, je me suis retourné vers les autres en disant « les gars, je crois qu’il parle d’alternateur ! »

« Oa acheté notre premier van quand on a commencé, pour la première tournée y a 3 ans, il s’appelait Vito,  il avait une petite voix comme ça et il parlait avec l’accent marseillais »

Little Lions : Le van d’ailleurs, c’est presque le 5ème membre du groupe.

Jean-Noël : ouais, on a acheté notre premier van quand on a commencé, pour la première tournée y a 3 ans, il s’appelait Vito et il avait une petite voix comme ça (il prend une voix haut perchée) et il parlait avec l’accent marseillais. Ensuite, Vito est décédé, mais il est revenu d’entre les morts plusieurs fois !

Antoine : il a été ramené à la vie plusieurs fois ouais. Il était souvent malade avec sa petite santé. Mais c’est bien parce que ça nous a appris à être des mécaniciens. Maintenant je connais plein de trucs sur les véhicules !

Jean-Noël : Ouais, et ensuite on a grossi les équipes et on avait plus de backline alors on a loué un plus grand truc.

Little Lions : D’ailleurs, vous avez monté votre propre label et votre agence de booking au départ.

Jean Noël : oui, parce qu’au départ, quand tu montes ton groupe, y a personne qui fait rien pour toi donc on a monté notre première tournée, on a réalisé nos premiers clips, produit nos premières chansons en studio et ouais, en fait, on s’est passionné pour ça. Là, on s’est rendu compte qu’il y avait des choses qu’on avait envie de faire et d’autres moins, donc on s’est concentré sur la production phonographique et la production de tournées, donc on a monté une maison de disque et une agence de booking. Aujourd’hui, on continue à faire tourner et à produire d’autres groupes.

Little Lions : Ce que vous produisez reste dans le même style de musique que Last Train ou pas ?

Jean Noël : Pas du tout, c’est très éclectique. C’est le live qui parle pour nous, ou les affinités avec tel style ou tel personnage.

Antoine : Y’a Wallace qui est un peu dans le même genre.

Jean-Noël : Oui, sinon y a de la folk ou de l’électro-pop.

« Notre objectif est de diffuser notre musique au plus grand nombre et ça serait bête de se priver de possibilités, surtout quand on rencontre des gens avec qui on aime travailler parce que ça se passe bien humainement et dans le taf. »

Little Lions : Comment s’est passé le rapprochement avec Barclay et les autres partenaires ? C’était compliqué d’apprendre à déléguer ce que vous aviez pris l’habitude de faire vous-mêmes et à voir d’autres équipes travailler pour vous ?

Jean-Noël : C’était assez naturel en fait, enfin, ça dépend. D’abord on a commencé par le tour parce qu’on jouait énormément et petit à petit, on a intéressé des tourneurs. Mais à l’époque, il était hors de question qu’on délègue ça, car on le faisait très bien nous-mêmes et on pensait que ça ne servait à rien qu’il y ait quelqu’un qui prenne 15% sur notre dos alors qu’on savait bien le faire tout seul. Mais au bout d’un moment, ça devient un peu malsain de vendre son propre groupe et puis on a aussi une force de frappe plus importante si on s’allie avec quelqu’un. Donc ça s’est fait progressivement, mais on a toujours essayé de garder le contrôle, sans faire de mauvais jeu de mot (ndlr : un de leurs partenaires s’appelle Control Production). Ensuite on s’est allié avec Alias. Mais là, sur la tournée qui vient par exemple, on est 3 producteurs de spectacle, dont la notre. Et sur ce disque qui sort avec Barclay, c’est nous qui avons produit mais c’est eux qui commercialisent, tout simplement parce qu’au bout d’un moment, notre objectif est de diffuser notre musique au plus grand nombre et ça serait bête de se priver de possibilités, surtout quand on rencontre des gens avec qui on aime travailler parce que ça se passe bien humainement et dans le taf.

Little Lions : Qu’est ce qui vous attend ces prochains mois ?

On a une quarantaine de dates jusqu’au mois d’août, avec pas mal de festivals. On en a déjà fait une quinzaine depuis janvier. En général, on fait 100 dates à l’année, donc ça devrait continuer sur ce rythme. On va aller en Asie aussi, au Japon, en Chine pour un festival dans un stade. En tout cas, on est encore parti pour une grosse tournée et c’est bien cool !

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