Still Waters

Breakbot


05/02/16

Because Music

7
Par le 14 février 2016

Des Breakbot, des breaks, des boots, des potes et dépotent, des bouts debout en dessous et sans le sou. Seul calife ou rien sur le sol, le sol californien en seuil. Pas de dreadlocks mais du Breakbot lorsque dans la hotte trainent de vieillottes et hots hobbies : flashy, groovy, sexy, Bee Gees. Apport de plaisir et port de plaisance, le dauphin d’Ed Banger nage dans les eaux calmes comme les fiévreux du samedi soir de 97. Flipper 1er remet au goût du jour le disco : 13 billes pour ne plus flipper, 4 membres durant la partie, 1 album comme jeu d’arcade. Si les arcades sourcilières ne clignent pas durant l’écoute, c’est que le jeu en vaut la chandelle ? Ou le néon. Vintage, kitsch et rétro se chiffonnent pour essuyer leurs clichés vendeurs. L’heure de Breakbot a sonné. Après le Clasico, le Disco, voici le Hypisco.

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© So Me

Mer, ciel, sol. Merci el Sol. Trouer la couche d’osmose ou s’enterrer dans l’ozone, Thibault et Irfane disent vagues, divaguent sur un flot de pochette fraîche. Lame de fond et l’âme défonce, dans sa bulle, Breakbot n’est pas une musique de fond mais de danse. Aussi nocturne qu’une urne, aussi tropique que chic, Still Waters chasse les démons de minuits en teen movies. « My Toy Girly » : gin tonic ou Gym tonic ? High School Musical. Le bonbon arlequin, acide douceur, se susurre léger : clappements manuelles et voix féminine. Entre Irfane et Yasmin, on passe du I à l’Y. Hermaphrodisme ou couple ? L’album semble plus humain, plus chaleureux. Yasmin apporte du slowtempo mais Irfane conte seul le slow-duo sur « In Return ». La barre de différence des deux lettres : est-ce le coup de barre sur « Turning Around » ou la sexuelle « 2Good4Me » r’n’b ? Repeat’n’beat. Si les nappes synthétiques bordent la tension humainement robotique, deux plages de sable doux encadrent d’instrumentales l’album. « Back For More »  et « Still Waters » ou le chargement house. Les claviers appuient sur la touche langueur au point qu’elle prenne l’heure. Répétition amène confusion amène absence de différenciation.

« Too Soon » est la Barbie plastique, l’esthétique américaine des pleurs. Jouer la comédie musicale mais surtout danser. Car « il est 5h, Paris s’éveille, Paris s’éveille, les stripteaseuses sont rhabillées, les traversins sont écrasés, les amoureux sont fatigués. » Après Jeff de Bruges, Breakbot de Paris. « Arrested », où le couple commence en duo, est une guimauve tendue, fine et classieuse. Car si Still Waters est une gourmandise, il est savoureux, raffiné. Enfin, « Turning Around » s’attitre de l’image musicale : sur une piste, danse les yeux fermés, l’adolescence mondialisée, bras en altitude, en attitude sur des machines humaines. Dans ses copiés-collés esthétiques, la plasticité module ses ondes vaporeuses : l’interlude aquatique « Wet Dream, The Sweetest Romance » et sa basse ou encore la techno en échos d’« All It Takes ».

Et si un American Graffiti apparaissait sur son-mur, il serait vraisemblablement un smiley. La cerise sur le gâteau ou Still Waters de Breakbot. Sucré, dansant et succulent, il use des cinq sens. A écouter avec modération car trop de glucose provoque le diabète. Pour apprécier l’album durant son heure, mieux vaut avoir l’Alzheimer.

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