Stachelight

Deluxe


22/01/16

Chinese Man Records

6.5
Par le 04 février 2016

Au pays de Dalida, Dali en dada devînt gaga de sa Gala. En tenue de gala et sans tralala, Deluxe, revenue crocheter quelques la-la-la issus de leurs propres chakras, alla tel un shamballa sur le tapis rouge. Rouge-gorge à force de tourner, rouge langue à force de rocker, rouge à lèvres par force de sensualité. Tout bouge dans la bouche, tout groove dans le groupe. En grandissant, le maxi méga super double Deluxe a su garder la même proportion : sur sa face buccale, se calent deux bulles de boules de poils. Tout le temps et jamais les mêmes. Se changent les saisons, styles, décors lorsque corps, modèle, moule restent intacts. Comme les histoires d’amour. Sur son trente un pour le premier mois, Deluxe partage le moi avec trois fois un. « Une lèvre sans moustache est nue comme un corps sans vêtement » dit Maupassant. Mais les mots passants, une moustache sans lèvre, est-elle un vêtement sans corps ?

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Faire table rase : non. Laisser mousser, buller, se passer la crème : oui. Mousse-tâche. Pile, poil, face. Badinant avec l’amour, la moue Stachelight se taille la barbe depuis deux mille onze constamment afin de rester lisse comme lors des prémices musicales. Trop mou, Stachelight passe d’espoirs hip-hop, à flop tiptop. Tip car leur type est connu : jovialité, instruments à vent, groove féminin. Top car leur impact est reçu : équilibré, dansant, nouveautés par des coups de main. Flop car, même si un quart des titres fait duo, le car et son wagon d’electroswing n’apportent pas de recherches pour le rencard. Sous le duvet, Chinese Man Records n’apporte plus sa lame de rasoir pour désépaissir le poids de l’acoustique : « Ear, Seize Your Day », « Tum Rakak ». Cuivres en cuir et électro en fourrure ébouriffent en brosse un art dont ils sont profs. On frise Selah Sue par le hérissement hérité du combo guitare-voix raggamuffin sur « Right There ». Comme un cheveu sur la soupe, la version acoustik d’Oh oh symétrise les échos : un « Ah ! » de soulagement pour le fourre-tout travaillé, un « Eh ! » d’incompréhension pour l’absence de fil conducteur. Gourmet ou gourmand, le menu Deluxe ? « Tall Ground » fut dans The Groove Sessions, Vol. 3, fît rap, fait faux, fou Bonus Track. Niveau pilosité, niveau originalité, -M- n’en est pas à son coup d’essai. A l’heure où l’on déplume cette poule aux œufs d’or, « Baby That’s You » et « Wait a Minute » restent les plus pousse-uns. Par le couplet ou par le solo, le fils Chédid a su mettre en forme une masse capillaire trop peigné. En collant -M- et IAM, on gèle MIAM. Stachelight ou le gâteau à partager. Têtes rasées, les rappeurs épilent, épient quelque seize à l’heure où l’anaphore semble le mot d’ordre. « A l’heure où » ou l’effacement de Liliboy. Enfin, « Bonhomme » chanté par madame Nneka affirme le tie and dye musical : plus de retenue, plus de timidité, plus de pudeur. La mesure de la maturité ou la raison du droit chemin ?

La toison n’est pas qu’un vulgaire blason. S’arracher les cheveux ou se faire pousser des ailes, les ex de province d’Aix en Provence assoient leurs identités musicales, visuels, morales. Copieux, copie et copain, Deluxe est un bout-en-train. Sauf que les wagons se ressemblent. Fast Food.

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