Have You Met Gaspard Royant ?

Gaspard Royant


08/04/16

Jive Epic / Bellevue Music / Sony Music

6.5
Par le 19 avril 2016

Regards par Royan. Re, Gaspard Royant ! Si le roi mage se fête à l’Epiphanie, ce roy nage en fête de Pâques. Entre deux œufs, entre deux yeux, avez-vous rencontré Gaspard Royant ? « Guidés par une étoile pour rendre hommage « aux rois du doo-wop » et leur apporter à Lourdes des présents d’une grande richesse symbolique : rock, Marty et on danse ! » Au hasard, Balthazar s’égare dans l’art et le bazar de l’alternatif. Melchior n’a pas pris encore pris le meilleur, se soigne au mercurochrome, sur Mercure. Et Gaspard tient désormais son étendard savoyard. Ten Hits Wonder ou l’éventail arc-en-ciel. Have You Met Gaspard Royant ? ou l’épouvantail autobiographique. Go minettes avec la gomina ! Sous la raie et les Ray Ban, un rey band ! Saddle shoes pour des sad blues ! Un costume en noir et blanc, comme le veut la coutume en bois d’antan. Dans ce tête-à-tête sans que ni heat, devrait-on avouer qu’on ne peut dire que nenni à la question posée.

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Retro, projo, escabeau. Est-ce ça le beau ? No. Si comme la télévision il est passé en couleurs, l’esthétique visuelle ne quitte pas l’étiquette sixties : un portrait cousu, une calligraphie scratchée, une simplicité épinglée. Comme le titre. Comme les titres. Courts, ces derniers courent à travers chaque refrain éponyme. Le plus américain des français donne et met l’accent sur une mimésis clichée. Un brin lourd ? Une brindille tambourinant sur cadre est légère, ses douze pétales sautillent et les comparaisons pétillent : Isaak, Orbison, qu’est-ce qui sonne ? « Oh les filles, oh les filles, elles me rendent marteau », oh les films, oh les films, moi je les aime trop. « Solo Artist of the Year« , quand le crooner est au bonheur des dames. Plus pêchu, plus cuivré, cette double étoffe étoffe « Baby I’m With You« . Les chœurs ont apporté du baume au cœur. A force de tourner en rond, on fait des disques : comme on marche sur ses propres pas, on fait de la musique sur la musique.

Evidente est la cohérence, fines sont les particularités. « Here for Nobody » du piano, du violon et de la nostalgie. « Night in the City » de la comptine comme étoile filante. « Hard Times » de garage’n’roll. Tant de particules pour une nuée d’éclaircie à chaque leitmotiv. Qui peut suivre le rythme de Jerry Lee Lewis ? « Follow the rythm« . Amour, à moue, mou : les lyrics sont lyriques. Classique quand tes classiques racontent des histoires en trois minutes. Et quand Edwyn Collins apporte sa nothern soul, il apporte another sauce : impact, un pack de testostérone, un pacte de nouveauté et d’obscurité. Le rythme est haché, les riffs prennent les deux rives, le tempo est rapide : « 7’’ Club » a des coups. Maturité. Si la boîte à musique arrondie ne prétend pas avoir « 12 hits wonder« , elle pourrait échanger quelques titres avec sa grande sœur : « Getaway » et sa voix mise en avant ou encore « Speed Your Heart« .

Entre « American Graffiti » à « Cry baby« , Gaspard Royant se joue dans une pellicule plus sombre. Have You met Gaspard Royant ? offre une énième date : les années soixante. Un travelling tellement en arrière qu’on en dirait une analepse en hypotypose.

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