Post Pop Depression

Iggy Pop


18/03/16

Caroline International

7
Par le 22 mars 2016

Dans le O, dans le haut, dans l’eau, le Narcisse-César du rock bazar n’a pas un panard dans le corbillard. Peinard ? En brisant le miroir en mille morceaux, le passager a vu du monde dans le rétro. Alors, pour compléter une frise de soixante-huitard, rien de tel qu’une mosaïque All-Stars : pour l’iguane, les Reines de l’âge de pierre font un temps mort avec des singes de l’Arctique. Sexagénaire, sex engineer, sec et génial, Iggy’s top, flop, stop, potes, poste un Post Pop Depression ou le sentiment de dépression après un départ de ce dernier. Le mythe prend place : à force de délecter son reflet dans l’Ondine, on ondule dans des bulles qui montent au ciel. On dit Ondin ? On voit dans ses O que l’heure tourne, que l’animal va sortir du zoo. Après le canard blanc et le corbeau, après avoir été tout en haut, après être sorti de l’eau, l’Iguane marin fraye son chemin.

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Un plan cinématographique plane sur cette planche western plantant ces plantes américaines. Un peu plan-plan ? En syllepse, ce cliché reste classe, classeur, classique. Mentalité blouson noir, le quartet fixe l’objectif. Si Homme a tout mis dedans comme un mâle dominant, Pop est la marionnette. Dans ce théâtre All Stars Bands, dans cette prison dorée, des fils demeurent étiquetés : cette ombre dans le tableau serait-ce l’ombre de son Zorro ? Avant de s’accaparer Iggy, la cape taillée d’un Z se devait d’être retournée : Ziggy dans Iggy, ce n’est pas rikiki. Le Wallmart’s américain introduit « American Valhalla » comme China Girl. Paradis des vikings rocks, des crooneurs guerriers. Le disque est carré : neuf côtés pour un périmètre de quarante et une minutes lourdes, tendues et langoureuses. Iggy Pop pousse peu la chansonnette car sa voix ne fait pas l’esperluette entre le parler et les vocalises mais nous fait part de quelques cris fougueux. « In the lobby » le subit aux sonorités très indies.

Après avoir été noyé par le mixage, il sort la tête de l’eau d’un cri rageur. Dans une cage sous haute marrée, la mort est son marécage. La folie guette la fin guitarisée et flamencoisée de « Vulture« . « Sunday morning, praise the dawning. It’s just a restless feeling by my side » Oh, « Sunday » darling, presse playin’. C’est juste des nouvelles Nico et une outro avec des violents violons en échos. Ah, le punk n’a plus de plumes mais d’écailles quand il signe d’une évidence le Bowie : Bah oui, « German Days« . Pop, Pope of Pop, plote l’instrumentale de « Break Into Your Heart » en la pelotant sur ses intonations dès l’introduction. La voix d’Iggy Pop est une maison hantée : Josh Homme en a fait son habitation en étant au four et au moulin, à la basse comme aux chœurs, à la composition comme au mixage. « Paraguay » débute en acoustique, par à-coups tique un certain fondu enchaîné crescendo dans une ambiance californienne. L’élastique envoie tout bouler.

Barré dans son baryton, le Iggy au zeste de Ziggy, à la veste du Homme et devant les fesses des rockers, se la joue crooner, crâneur, cogneur. Crooner dans sa ballade « Chocolate Drops » sous des claviers vintages, crâneur dans son titre, cogneur dans ses sursauts et solos. Post Pop Depression ou le Pré Rock Pression.

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