99.9%

Kaytranada


06/05/16

XL Recordings

7.5
Par le 17 mai 2016

Coup de Trafalgar ! Cas canadien ! Karma granada ! Kaytranada ! Nada ? Que nenni, la caille a traîné à Jarkata, écrit une courte romance avec Bromance, a questionné Huh What and Where pour désormais voir les choses en grand : XL Recordings. Pas de filles X, pas d’X-Files, pas d’X-Men mais promptement un rêve en XXL. Avant Kaytra to do, maintenant Kaydra has did. Fini d’être tout doux, avant d’avoir été has-been, le haïtien n’haït point ses copains et les joins dans son disque. Sous son cube, « l’union fait la force. » Force est de constater que le cœur d’artichaut a évolué depuis son cœur de palmiers : les chœurs prennent corps et s’en donnent à cœur joie. Avec des branchés et des vieilles branches, 99.9% se branche sans interrupteur : déchargement d’une heure de batterie. Après le chargement, la charge ? Oui, fils.

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Quinze appels, cinquante-neuf gigas, une flopé de niggas, des genres à la pelle : house, dances, hip-hop… Sûr, de la musique électronique. Sa connexion capte une 4G grandiose : groove, GoldLink, « Glowed up« , gai. Et sa coque, a-t-elle la côte ? Comme un coq, il ne se met pas de côté : autoportrait. Clichés graffés, jeunesse dessinée, couleurs feutrées et contours simplifiés. Hey, et est-ce que les titres tondent la haie ? Pour voir le soleil, les courts chapitres rendent hommage aux majuscules et à la bascule adolescent-adultes – Spring breakers – Roi de l’instru, hôte d’intrus, les uns tuent, les autres se turent. Esthétique VHS, les tempos lents ne laissent pas l’ambiance nineties HS. Des nappes et des vagues synthétiques noient les beats vaporwaves. Liquide dans les airs, il brise la glace sur les drops hip-hop. Oh ! Chaque piste enquille sur un strike : le r’n’b de « Go it Good« , les maracas de « Leave Me Alone« , les répliques scandées d’un public de « Breakdance Lesson N.1« , la robotique « Lite Spots« . A la va comme je t’écoute. Si la musique électronique veut son encyclopédie, Kaytranada se charge d’être l’auteur.

Ah ! A la lettre A, Ambient a pour amante « Bus Ride« . A la base, B a pour base les basses de « One Too Many« . Passons à la trap, les cross-fader, le disco ! Le Canadien canonise donc ses camarades sans marasme. Les lignes vocales créent le relief : Vic Mensa tente l’Usain Bolt Vocal Trophee tandis que River Tiber remporte le High-Pitched Voice Vocodeur Challenge. Tout un plat pour tout un panorama mais l’appât est-il plat ? Comme un spa mais pas la spa, des massages auditifs, un bien-être estival et une détente entre celle d’un basketteur, de Tony Montana et L’Homme Tranquille. Dans ce Club Med “hype“, les corps se relâchent quand les cordes se déchainent et vice-versa. « Track Uno » introduit comme un générique l’ambiance du séjour : un cocktail bien dosé avec un couleur mélangé, mixé mais unie. Et le parasol. « Despite the weather » pour toucher le soleil avec ses bruissements scintillants. « Together » pour toucher le sol, ailes à terre, jambes en l’air : break dance.

Kaytranada n’a pas mal gâché mais a bien soigné un disque cohérent où chaque saphir conte une atmosphère, un genre, une époque. Reliés comme des chapitres, les airs délimitent l’électronique tandis que le producteur ne fait qu’augmenter son périmètre.

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