Die In Shanghaï

Las Aves


27/05/16

Cinq 7

8
Par le 30 mai 2016

The, doux, Dodoz dorment docilement : d’où The Dø les dorlotent dans leurs dos. A travers les lunettes de la note, ils dominent fenêtre sur cour. Les Drontes de Maurice ont migré en Oiseaux espagnoles de Dan. Le roi est mort, vive le roi ? Avé, Las Aves ! Avé, Los Angeles ! Hitchcock donne le LA sans l’ombre d’un doute. Die in Shanghai a la mort aux trousses. De quoi donner des sueurs froides et une psychose ? « Profession? – Producteur. – Vous produisez quoi? – De la chair de poule » Chair de poule ou l’élévation des poils en partitions. Chair de poule ou le chant de notre cher cocorico hybridé avec un lion. En un set chez Cinq 7, les rossignols ont su susurrer des sons sûrs et sans sang. Entre perroquet et colombe, entre aigle et hirondelle, entre hibou et faucon : font-ils la l’oie ? Sont-ils les hérons de demain ?

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La météorite face à la mégapole. L’ovni face à l’haute vue. Le sous-marin face à la source martiale. « Les extraterrestres arrivent » ! Les buildings en portée, électrocardiogramme musical, s’apprêtent à faire face à la soucoupe volante – aux disques, vinyles –   de la planète Aves. A géométrie variable, à eux de montrer qu’ils ont l’architecture musicale et les jeux vidéo du futur. Mourir à Shanghai est un cri dans le bruit, un passant dans la foule, un disque dans les rayons : invisible. Shanghai n’est pas Shangri-La alors chantes, guys ! « Houston, ici Apollo, onze pistes ont été découvertes pour aller sur la Lune. Cela nous prendra trente-cinq minutes. Terminé. » Les cratères crânent par des titres courts, nuançant l’urgence et le futur, le danger et l’inhumanité. Du Bellay avait son Olive. Du balai ! Las Aves a son Olivia. A dos, The Dø domptent la scène locale : Jeanne Added et ici les oiseaux. Dans cet univers pop-plastique-électro-futuriste, la superficialité est une qualité. Il y a de la romance bizarroïde, du rock informatiquoïd, de l’électro humanoïde : Oh oui, l’ouïe subit les métamorphoses d’Ovide sous les arrangements satinés et uncanny. Inquiétante étrangeté.

Mise à jour de l’impact 2.0 mais 20 sur 20 les ondulations vocales féminines : Barbie en gang de boxe, femme fatale aux pays des merveilles. “Live fast, die young, bad girls do it well“ dans leurs clips. M.I.A san mia. Cohérence variée ou l’esthétique the doienne. Doyen car l’influence se ressent comme une conséquence. Assumer les conséquences, c’est aussi subir le panel d’émotions : la transe de « Lioness » et ses onomatopées spirituelles, l’urgence de « Gasoline » avec ses cris athlétiques, l’érotisme de « Heartbeats » dans ses répétitions. Die in Shanghai transpire la sueur ! « First Aid Blanket » a le ton mâte, joyeux mais comme toutes a un crescendo rythmique. Violation de la notion du hit. Ironie du sort. « Blue » ment sur du rock en roc informatique. Tout est plugin, rien n’est plus out. « Perfect Mess«  s’accapare des beats hip hop, proche d’un tempo urbain tandis que sa seconde partie, « Perfect Mess, Pt. II » semble s’envoler vers les cieux : Paradis ou enfer ? Attention à ne pas faire d’écart, ni d’Icare.

Las Aves n’est made in china que dans son nem mais pas dans « N.E.M. » Si E.T téléphone maison, Las Aves téléphone concert. Alien aliénant dans sa cohérence, prédateur prédisant une musique futuriste, les oiseaux se sont envolés vers d’autres cieux. Là où les codes n’existent pas.

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