Voyage, Voyage

Pony Pony Run Run


04/03/16

[Pias]

4.5
Par le 08 mars 2016

“Au-dessus des vieux volcans, glissent des ailes sous les tapis du vent : Voyage, Voyage“ Desirless laisse des airs lisses entre déserts et desserts, entre délices et des lignes. De nuages en marécages, de vent d’Espagne en pluie d’équateur : Voyage, VoyagePony Pony, poli, poli, Run Run, fun fun. Les nantais hantaient les en-têtes de fêtes faites par un anthem : « Hey you ». Que de i-grecs dans ses titres ! Une idée à deux branches dansantes, une lettre de noblesse pour deux frères pensants. Angels in Angers. Pendant que l’un, ange Gabriel, écrivait tel un messager des Dieux autour du globe, l’autre, ange gardien, construisait sa maison. Après avoir dormi comme des loirs pendant cinq années en Loire, l’océan Atlantique, eaux céans en Hexagone, les a rejetés dans le grand bain. Dans le creux de la vague ou surfeurs sur la vague ?

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Tout attaché, toute tachée, ta toile teintée de tons primaire et secondaire ne tarit pas d’abstraction bombée. Demi-cercle pour demi-siècle, demi-sieste de midi pour de mille danses de minuit en une demi-heure. Un cube en tube : entre dune vide et pleine lune. Dans l’urne, onze unes aux titres unanimes et humains se donnent de courtes répliques de mœurs sur un monde universel. Portraits sur paysages. Tandis que commencer par « Stop » rime avec paradoxe, on retrouve le fruit planté par le Pop Oc’ : un refrain illuminant tel un rayon de soleil, une répétition du nom en flash et un passage quasi a cappella avant le dernier semblant plus puissant par le contraste. Nappes synthétiques dansantes vaguant et divaguant entre kitsch, retro, vintage. Si tous ces anglicismes réfèrent à la langue d’Albarn, réfléchissent sur la disco-danse sans discordance du pays d’Hepburn, reproduit des arrangements légers frenchtouch du Val de Marne, la police lisse et fléchie figure la fougue dandinant des frenchies. Peu imagée, chaque chanson se paraphrase.

Cartographie d’une carte plate : éponyme « Berlin » hisse le drapeau pittoresque par sa lenteur minimaliste, Majorque a sa part majeure dans le « Dum Dum » doux-doux tandis que Londres ombre le rock qui ne finit jamais : « It Never Ends ». Sur les bords de l’océan électronique, l’organique nonchalance amène un charisme séducteur 2.0, version 1.6. Autour du seize, les seize se bullent entre plug-ins et pédales, entre teen fanbase et robotique. « Always The Same » et « Belong » affaiblissent la dictature vocale du maestro. L’art de l’astre semble être volé par l’as des as : le pad fait pleuvoir de l’ice, des stars, des strass, des glass. Fines à la Fakear sur l’introduction d’ « Alright » avec une vocalise Daft Punkien : 100% français ou le voyage sans VISA. En préconisant la carte du visage, ils visent à asseoir leur vista. Enfin « Victoria » pousse les aigües tandis que « You Don’t Feel It » laisse la boîte à rythme tourner. Tu ne le sens pas.

Têtu, ne pas être passé du coq-à-l’âne court les rues de Pony Pon Run Run. Voyage Voyage garde les pieds sur terre sans images, imaginations et mages de nations. Un panorama de danse dandy tandis que les hanches ne rame pas : quel relief dans la nuit ?

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