Colors

Samba de La Muerte


18/03/16

Yotanka Records

8.5
Par le 21 mars 2016

Après plusieurs EP et une alliance musicale avec Superpoze sur Kuage, Adrien Leprête (ex-Concrete Knives), à la tête du projet caennais Samba de la Muerte, est de retour avec Colors, son premier album qui est sorti le 18 mars sur le label Yotanka. L’écriture se fait toujours aussi fine, poétique et travaillée, s’intégrant avec élégance à l’univers musical folktronica sans retenue des caennais. Alliant frénésies jazzy, folk, pop et arrangements aériens, Colors dépasse les cadres et les codes pour offrir un album ensorcelant qui nous plonge dans des transes incantatoires et colorées.

Jouant avec nos sens, cet album tourbillonne au gré d’un véritable voyage évocateur, qui laisse défiler des paysages hauts en couleur. Pour présenter cet album lumineux, Adrien confie : « C’est un ciel Normand du mois de Février qui a donné son nom à l’album. Ce ciel qui, lorsque le soleil se couche en bord de mer, nous donne à voir d’incroyables couleurs mouvantes, dansantes, enivrantes. » Si la beauté du ciel normand s’allie à merveille à ses frénésies musicales, l’album nous emmène parfois dans des contrées plus lointaines. Parfois même, des terres inconnues, insaisissables, consumant toute frontière.

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L’album s’ouvre avec « Le Vent » sur un souffle instrumental qui nous fait instantanément chavirer. Sa vitesse augmente progressivement au gré du morceau. A la fin, se détachent les premières notes acidulées du morceau éponyme de l’album, avec la rythmique qui s’accélère. Aucun arrêt brutal, le vent nous transporte au cœur d’une palette de couleurs musicales plus variées. Pour la première fois, Samba De La Muerte lâche avec courage la langue de Shakespeare pour s’attaquer à celle de Molière. En allant chercher les plus belles nuances de sa palette de couleurs, ce morceau déploie des mots et maux évocateurs, poétiques et romantiques.

« La Roche » exploite des rythmiques percutantes, tout en conservant un certain lyrisme. Cette complainte magnétique en chœur laisse s’épandre des errements jazzy et électroniques ensorcelants qui nous font grimper au sommet. « You’ll never know when I lie » débute sur un chant enchanteur et impénétrable qui gagne soudainement en rythme et déclenche une véritable folie quand les quelques mots du titre sont clâmés. Du calme presque cérémonial et nébuleux découle alors un délire musical groovy tribal aux accents orientaux et celtiques. Commence alors une transe endiablée et furieuse interminable, croisant les influences avec subtilité, beauté et exotisme.

Courte accalmie, « L’Aber » nous emmène dans une danse impétueuse sur les plages de la côte Ouest. Les vagues dansent au rythme des sonorités afro-beat. Petite perle de douceur folk, « Don’t Let go » offre de nouvelles couleurs, plus délicates. Bercé par des chœurs envoûtants, le morceau offre des instants de pur délire instru jazz, poussant une nouvelle fois plus loin ses expérimentations musicales, comme sur « Ghadir » où le groupe mêle des sonorités orientales à son électro percutante et éclatante, tout en pesanteur.

Plus acerbe et furieux, « The Beat » dévoile des voix plus rock, jusqu’à s’exploser dans une transe jubilatoire. Retour à la délicatesse et à la luminosité avec « Tanger« . Cette ode vibrante à l’évasion et au feu des yeux de la ville marocaine, très évocatrice, nous fait sentir sons, goûts et couleurs. La tête devant un coucher de soleil du Maghreb, alors que les mouettes s’évadent au loin, on se laisse bercer par la délicatesse de « Love Songs » qui vient clôturer Colors. Au gré d’une délicate électro-disco, les paysages, sons et couleurs croisés dans cet album défilent une dernière fois dans les esprits et dans les cœurs, avant que la transe finale ne nous emporte dans un dernier tourbillon sensoriel.

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