Slouch

Spirit Club


21/10/16

Ghost Ramp

7
Par le 07 décembre 2016

Slouch ? Vous vous demandez sûrement la signification de ce mot. Non, ce n’est pas une faute de frappe pour écrire « louche », ou une onomatopée quand un personnage de BD glisse sur une plaque de verglas. Spirit Club, célèbre groupe de lo-fi, revient cette année avec son nouvel album Slouch.

En français, ce mot signifie : « maladroit ». Pourquoi me direz-vous ? Parce que la maladresse caractérise d’abord le style atypique de ce groupe. Le lo-fi marque une volonté de produire des sons bourrés d’effets et peu nets. Aussi et surtout, la maladresse annonce le thème principal de l’album : les relations amoureuses à sens unique.Tout comme une personne timide et maladroite n’arrivant pas à exprimer correctement ses émotions, l’album oscille entre balade pop et morceaux plus garage rock. Cette instabilité donne un mariage intéressant, faisant croire que Broken Bells et les Beach Boys se seraient rencontrés le temps d’un album.

Tout comme une personne instable, Spirit Club vacille dans Slouch, entre ses instruments. Certains morceaux mettant beaucoup plus l’accent sur la guitare, d’autres sur le synthétiseur. A la manière d’une personne en colère, l’album s’ouvre sur une guitare saturée, un clavier-xylophone, une batterie percutante. « Fast Ice », le premier morceau, offre un titre garage rock tinté d’une légèreté pop bienvenue ! La guitare est ensuite évincée pour laisser place à la basse et à un clavier mi piano-mi analogique sur « Your Eyes Tell Lies », offrant un morceau mélancolique. Elle reprend vite le dessus avec une ligne arpégée sur « Metal Dream ». Pour enfin se réunir avec un synthétiseur sautillant et une batterie calme et apaisée sur le couplet de la balade pop « Room To Run ».

Globalement, les voix sont très mises en avant, la voix de Nathan Williams rappelant celle de Damon Albarn : claire, calme et timide.Les chœurs sont omniprésents tout au long de l’album, toujours en voix de tête, ce qui renforce le côté pop de Slouch. Ceux-ci, malgré leur valeur ajoutée pour donner du corps aux morceaux, deviennent vite répétitifs, entachant quelque peu la diversité de l’album.

Finalement, Slouch est un album léger malgré sa volonté de nous offrir des morceaux « sales ». Dans le fond ou dans la forme, il respecte bien la volonté de retranscrire l’instabilité émotionnelle ressentie dans une relation à sens unique. Pour une fois que la maladresse a du bon !

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