Ty Segall

Ty Segall

Ty Segall


27/01/17

Drag City

7
Par le 27 février 2017

Entre mauvais garçon et enfant prodige, le prolifique Ty Segall livre à la musique garage son nouvel album éponyme. Du haut de ses 29 ans, le Californien donne suite à ses 7 albums solos (et autant de projets parallèles) sortis entre 2008 et 2017..  Intime, Ty Segall succède avec brio à l’excellent et extravagant Emotional Mugger. En effet, c’est un univers fait de tenues décalées, d’un masque en silicone, de bave, de voix surjouées et de sons surproduits, qui fut laissé de côté au profit d’un album sincère, enregistré live aux côtés de Steve Albini (producteur des Stooges, Nirvana …).

C’est pourtant la brutalité musicale héritée du précédent album qui nous accueille sur Ty Segall. En effet, si la voix n’est plus nasillarde, si l’ambiance est beaucoup moins sombre, le morceau « Break a Guitar » nous propulse dans un univers de guitares déchirées qui s’entremêlent dans une cohue paradoxalement organisée assurant parfaitement le rôle de morceau-transition entre deux albums. Régressivement, les rythmiques frénétiques de « Freedom » et « Warm Hands (Freedom Returned) » glissent vers des atmosphères planantes. « Talkin », balade rêveuse menée par une voix apaisante posée sur une guitare étonnamment lointaine et discrète, finit de nous entraîner dans cette atmosphère vaporeuse qui s’est définitivement installée dans ce retour au calme progressif. « I want you to wake up ! », s’il était agréable de profiter du fade out chœur/piano du précédent morceau, nous repartons dans l’ascenseur émotionnel, spécialité de M. Segall : il voulait nous réveiller, c’est chose faite.

Rythmes lourds, chant entêtant, musique épurée : c’est une nouvelle atmosphère que nous livre le multi-instrumentaliste sur « The Only One ». Nous revoilà donc propulsés au comble de l’énergie du débordant Ty Segall  avec le titre « Thank You Mister K. » Cadences effrénées et rythmes complètement speeds reprennent leur place. Les guitares se mélangent et la batterie se fait plus présente. On pensait que les sons inquiétants avaient été laissés de côté mais c’est des bruits de casse et une partie musicale essoufflante qui prend le relais dans cette énième ascension émotionnelle. Une vidéo Youtube nous donne d’ailleurs la provenance de ce bruit qui est en fait.. la destruction au marteau d’un wc en porcelaine par l’artiste en personne. Le morceau se termine sur des guitares saturées et des notes de piano dissonantes, agressives, pour laisser place à un retour au calme brutal. « Orange Color Queen », « Papers » et « Take Care (To Comb Your Hair) », trois morceaux aux sonorités chaleureuses et intimes (ndlr : « Orange Color Queen » est une chanson d’amour dédiée à sa petite amie), trois morceaux épurés aux ondes positives.

Après un silence de 16 longues secondes, un décompte sur quatre temps nous lance sur deux accords de guitares et un Ty Segall qui nous rit au nez… comme pour nous rappeler qu’il s’agit tout de même de lui, et qu’on ne peut jamais prédire ce qu’il nous réserve pour la suite.

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