Rencontre avec Caandides

Par le 12 novembre 2013

On découvre aujourd’hui la pop itinérante et énigmatique de Caandides. Droits et concentrés sur scène, les jeunes membres de ce groupe parisien portent des masques placides et jouent le mystère avec du sérieux et une beauté mathématique.

Vous pouvez nous rappeler brièvement l’histoire de votre groupe ? 

On peut la faire commencer un après-midi de Juin 2009, aux portes ouvertes de la prépa art de Glacière, où nous jouons notre premier concert: une improvisation monolithique de 45 minutes autour de 2 accords, et devant 8 personnes. L’histoire raconte que les 8 personnes présentes ont toutes fondé un groupe durant l’été qui a suivi le concert. A l’époque nous n’étions encore que trois. Aujourd’hui notre capital humain a doublé.

Caandides c’est aussi une conception graphique, comment est née cette idée de projeter des images de cette manière ?

Cette idée est venue assez spontanément, à l’occasion d’un concert en appartement en décembre de la même année. Deux de nos amis nous ont proposé de projeter des images avec lesquelles ils jouaient depuis quelques semaines. Ca s’est plutôt très bien passé; l’histoire raconte même que les 25 personnes présentes ont toutes fondé un groupe durant les vacances de Noël qui ont suivi. Trouvant que leurs élucubrations visuelles s’alliaient agréablement à nos divagations musicales, on a décidé de continuer comme ça, et ils font depuis partie du groupe à part entière.

Vous fêtez donc la sortie de votre nouvel EP intitulé Winter, est ce que vous pouvez nous en parler un peu, nous expliquer le concept ?

Aux débuts du groupe, on s’imaginait volontiers construire notre discographie comme une succession de disques-projets, dans le sens d’ensembles cohérents de morceaux issus de sources d’inspiration communes. Par exemple, notre premier projet, autour duquel s’est construit le groupe, était un ensemble de morceaux qui se voulait être le pendant musical du livre Heart of Darkness et du film Apocalypse Now!. C’était une idée volontairement monumentale, mais ça nous a plu, et même si le disque n’a jamais vu le jour, ça nous a donné envie de continuer à concevoir nos projets de cette manière. Winters, du coup, c’est un ensemble de morceaux qui ont été écrits et maquettés en deux mois un été. Tous les morceaux traitent de la recherche d’un son, entre chaud et froid.

Caandides-FR

Comment décririez vous votre musique à quelqu’un qui ne la connait pas du tout en seulement trois mots ?

Tropical – Morbide – soundcloud.com/caandides

Vous aviez eu une histoire un peu spéciale au sujet de votre EP Half a Beat vol.2, vous pouvez nous expliquer ce qu’il s’est passé ?

Il y a deux étés, alors qu’on était pas mal avancés sur le travail du prochain Half-a-Beat (Half-a-Beat 2, le troisième de la série après le 1 et le 0), l’un de nous a laissé le disque dur de travail du groupe s’en aller dans un taxi parisien, à l’issue d’une soirée assez arrosée où l’on avait mixé dans un bar du 11e arrondissement. Toutes nos sessions de travail, notamment celles du Half-a-Beat 2, ainsi que pas mal d’archives ont été emportées. Puis peu à peu, on a retrouvé des mp3 de certains des morceaux, dans des versions démos sur nos ordis. On s’est dit que ce serait marrant de sortir le disque en l’état, décharné, non fini, mais néanmoins cohérent. Du coup, à part le premier et le dernier morceau, ce disque est avant tout une trace de ce qu’il aurait pu être.

Vous remixez des titres de Archipel et O safari, quelle est votre relation avec ces deux groupes ?

On s’entend très bien avec Archipel, avec qui on a fait plusieurs dates. Ils sont vraiment excellents sur scène, et adorables en général. On espère avoir l’occasion de partir sur la route avec eux. O Safari, on ne les a jamais rencontré, on les connaît par le biais de leur manageuse. On leur avait proposé un remix de leur titre Taxi, qu’ils n’avaient finalement pas publié. Par la suite on a décidé de l’utiliser pour ouvrir Half-a-Beat 2. Ca paraissait tomber sous le sens. Taxi.

Qui a eu l’idée d’intégrer des steel drums ? C’était votre envie depuis le début ?

A priori on avait déjà commencé à en mettre en MIDI dans les prods, quand un ami et ancien membre du groupe nous a prêté un vrai steel drum, qu’il avait chopé à Trinidade. On trouvait le son étonnant, donc on a commencé à l’utiliser. C’est un chouette instrument.

Petite anecdote : Cet été, au Coconut festival, on venait juste de sortir de scène quand un grand Carribéen s’est rué vers Noé pour lui demander de l’aider à accorder son steel drum à lui. C’était Fimber Bravo, qui devait monter sur scène juste après nous. Ils ont passé 15 minutes tous les deux à coté de la scène, à jouer un étrange thème d’accordage, que Fimber Bravo interrompait pour marteler sur son steel drum. Puis quand il a été satisfait, il a couru sur scène avec, la batteuse à donné le 1 2 3 4, et c’était parti pour 1h de carribéo-électro. C’était une scène intéressante.

Quelles sont vos influences musicales ? Quels sont les groupes qui vous ont donné envie de faire de la musique ?

Ca varie pour chaque membre, mais on pense que notre son se situe quelque part dans la mer qui sépare Bob Dylan et Aphex Twin.

C’est quoi le programme des prochains mois ?

On a quelques concerts en Novembre-Décembre, puis on va faire un break pour préparer un nouveau set, finir l’album et peut-être même quelques autres surprises (ça sera avant tout surprenant pour nous)

Qu’est ce qui tourne en ce moment dans votre MP3 ?

Les démos de WINTERS.

Remerciement au groupe ainsi qu’à Pauline Le Tallec pour l’interview.

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