Rencontre avec De La Montagne

Par le 02 août 2013

Actuellement aux Canada pour la Red Bull Academy, nous avons eu la chance d’interviewer De La Montagne pour en apprendre un peu plus sur l’univers du projet. Découvert à l’occasion du passage de Sosh aime les Inrocks Lab à Lyon, voici une petite conversation avec Camille et Alto.

Hello, est-ce que vous pouvez vous présenter et parler un peu de vous pour commencer ? Pourquoi « De La Montagne » ?

Le nom De La Montagne fait référence à l’oeuvre de science fiction Les Montagnes Hallucinées de Lovecraft. Une histoire qui parle d’anciennes vies sur terre oubliées dans les pôles arctiques. Les montagnes sont des éléments topographiques mystérieux lieux dangereux, escarpés, qui échappent à la maitrise humaine. On aime aussi la particule de noblesse « De ». J’ai une amie qui possède une parcelle de montagne.

Comment est né le projet « De La Montagne » ?

De La Montagne n’est pas un projet, c’est un groupe d’amis qui fait de la musique. C’est venu petit à petit, on faisait tous des tracks de nos côtés, puis on a partagé des fichiers, on a jamé des nuits durant. On sortait chaque chanson sur internet au fur et à mesure, souvent avec un clip fait de footages trouvés sur le net, ou de dessins animés. On vient tous des Beaux Arts, je pense que, même si j’ai personnellement détesté l’école pour plein de raisons, ça a compté dans notre approche et dans notre façon de nous y prendre.

 

Vous êtes de Lyon mais actuellement au Canada, comment ça se passe là bas pour vous ?

On vient de Lyon, c’est là ou DLM est né. Mais on est un peu parsemé désormais. Apres ces 5 années d’école dans la même ville avec les mêmes gens, j’ai (Camille) vraiment éprouvé le besoin de changer d’air et d’aller voir ce que faisait la jeunesse ailleurs. J’ai atterri au Canada, parce que c’est le visa le moins cher et le plus facile à choper.

Vous allez faire une tournée américaine en septembre, ça s’annonce comment ?

En mai dernier on a participé à la Red Bull Music Academy à New York. C’était grisant. D’un seul coup tu parles avec le producteur de Jay Z, il reçoit un appel de Jay-Z sur son IPhone, tu enregistres des slogans radio pour le japon « Hello Tokyo, this is De La Montagne, and you’re listening to 99.1 », tu passes sur France 2, tu fais du crowdsurfing dans un club bondé de New York, et surtout, surtout tu fais de la musique tout le temps ! Tu as des intervenants comme Debbie Harry ou Giorgio Moroder. Tu te fais des amis super gentil et brillant. Tu te dis que tout est possible! Mais la tournée américaine, ça n’a pas du tout marché, d’abord parce qu’il faut un visa de 3000 $ pour jouer là bas, ça fait 6000$ à réunir avec Alto, rien que ça. Je crois que tant qu’on a pas un manager solide pour s’occuper de ça, on aura du mal à s’attaquer à une tournée américaine !

Parlez-nous de votre musique, comment vous composez les morceaux ?

Ce que je préfère c’est l’immersion totale, être en studio pendant 5 jours complets-pause-re-studio. Souvent Alto aura une base et j’aurais noté des mots par ci par là dans un carnet. Ensuite c’est l’interaction. Y a des machines partout, des jouets bidouillés de quand il faisait du bending, des claviers Emmaüs, des drums pads et mon instrument préféré : ma guitare électrique. Oh tu trouveras aussi beaucoup de junk food éparpillée, des pringles bbq, des chips au cheddar et des M&M’s.

Qu’elles sont les groupes/artistes qui vous ont influencés dans votre musique ?

Alto a commencé par la musique Grunge, jusqu’au hardcore 8bit. Kurt Cobain et Dan Deacon sont ses deux idoles. Je crois que le tout premier groupe que j’ai vu sur scene et qui a initié ma quête de musique électronique c’était Vive la Fête. Les paroles sont surprenantes et ont fait sens dans ma tête d’un seul coup j’appartenais à quelque chose. Puis il y a eu CSS, et The Knife. Et toute la scene underground Lyonnaise que présentait Grrrnd Zero.

Pour ce qui est du concours « Sosh les Inrocks Lab » il y a eu un impact suite à ça ?

Ce « concours » était vraiment chouette. Les journalistes qui nous on abordés ont vraiment la musique à coeur, ils essayent de faire un truc bien. Ils essayent de rassembler une scène émergente française et de regarder ce qu’elle est. Les Inrocks n’ont pas besoin de nous pour faire leur promo, c’était vraiment: « checkez les gars on vous met tout à dispo, on vous fait confiance ». C’était très généreux. Et bien sûr, ça nous a apporté une grande visibilité. Grâce à ça, nous allons rééditer un single sur un label Parisien, avec un clip en prime et d’autres bonus. Tenez vous prêt :: tout devrait sortir le 5 aout !

Dans votre progression, qu’elles sont les prochaines étapes à franchir ?

J’aimerais vraiment qu’on ai le temps de bosser de façon super intense sur notre nouvel Album. De produire des belles chansons avec le bon équilibre de meaning et de feeling. On a plus de moyen cette fois-ci notamment un studio mis à dispo par la RBMA à Paris, avec l’ingé son de Madonna (haha ! C’est vrai.), il y a aussi plus de gens qui nous attendent au tournant, plus d’ambition…

C’est vrai qu’on cherche un manager et tourneur pour nous lancer en orbite… Mais ça arrivera au moment venu.

Est-ce qu’il y a un endroit ou vous rêveriez de jouer ?

Mon ami Superpoze a fait une date pour un festival sur l’île de la réunion ! C’est pas mal cool. Alto voudrait jouer sur un bateau en pleine croisière. J’aimerais que ça soit le bateau du Capitaine Sissou 🙂

Un artiste avec qui vous aimeriez partager une scène ?

Avec tous nos amis, ils sont tous vraiment talentueux, on pourrait faire un festival.

Et un dernier mot pour la fin ?

Montagne !

Remerciement à Camille et Alto pour leur gentillesse et leur générosité pour cette interview.

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