Rencontre avec Holy Two

Par le 27 mars 2016

C’est à Montpellier que j’ai pu rencontrer le duo lyonnais Holy Two le temps d’une dizaine de questions et d’un jus de pomme avant de les retrouver sur scène le soir même au Black Sheep pour la première date de leur tournée printanière française.

On ne vous présente plus, vous êtes l’un des groupes phénomènes de la scène émergente hexagonale, beaucoup de personnes vous suivent et vous présente comme LE groupe d’électro rock/dream pop. Mais comment vous aimeriez que l’on vous présente ?

Je pense que j’aimerais bien que que l’on nous présente pas dans une catégorie de musique en particulier parce qu’on a toujours un peu refusé d’entrer dans des cases musicales. Ce que l’on aime, c’est quand on a des difficultés à décrire notre univers. On préfère être décrit sur un ressenti, des émotions à l’écoute de nos musiques plutôt qu’un type bien précis.

On parle d’influences comme Mø ou Local Natives pour le premier EP « A Lover’s Complaint », les futures compositions seront-elles dans cette même veine ?

Pour l’instant on en a déjà quelques unes qui partent dans tous les sens, c’est un peu difficile de donner une direction. Pour le dernier morceau que l’on a fait, il y a des rythmiques que l’on avait jamais trop abordées dans les beats, dans la construction des morceaux, des choses plus contemplatives, des rythmes africains. Je pense que ça va être beaucoup plus « contemplatif », c’est le mot.

Du coup, une direction sonore plus directe et épaisse avec des structures plus fortes?

Ce sera probablement plus sombre en tout cas, moins joyeux, moins entêtant.

Comment se passe l’aventure depuis votre signature avec Cold Fame Records ? 

Ça se passe super bien ! Cold Fame Records ce sont les mecs de Last Train avec qui on a fait notre tout premier concert à Lyon dans une cave devant 3 personnes, alors que nous n’avions pas du tout prévu de faire un concert, on avait fait quasiment que des reprises alors qu’eux entamaient leur tournée. C’était vraiment drôle. On avait bien accroché avec eux  et on s’est recroisé quasiment deux ans plus tard. Ils avaient déjà en tête de bosser avec nous à l’époque, sauf que c’était un projet totalement abstrait, parce qu’eux-même n’avaient pas de structures. Puis ça s’est concrétisé petit à petit.

Ils sont dans une bonne dynamique, un fonctionnement qui nous correspond en terme de stratégie, promo, production, booking. Puis ils ont bien assimilés nos conditions qui sont assez particulières parce qu’on est tous les deux étudiants et ils ont réussi à faire en sorte que les tournées soient calées avec nos études. Chose que n’importe quel label n’aurait pas forcément accepté.

Comment s’est passée l’évolution du projet Holy Two?

C’est allé assez vite globalement, surtout depuis que l’on a signé avec Cold Fame Records. On a fait une bonne tournée d’une vingtaine de dates l’automne dernier qui nous a vraiment permis de voir ce que l’on valait sur scène et qui on pouvait intéresser. Depuis le début, on se laissait porter par le projet qui a un peu marché de lui même.

Je pense que l’on est arrivé malgré nous au bon moment ; il y a eu cette mode de duos garçon/fille qu’on avait pas du tout envisagé mais qui s’est avéré porteuse de chance. Puis l’arrivée de Rémi notre batteur a fait que le projet a prit une autre tournure à ce moment là, en apportant une autre dynamique aux lives.

IMG_9389

Quelle chanson auriez-vous adoré écrire ? 

Hadrien : On nous demande toujours ça et j’oublie à chaque fois..

Elodie : Si si, attends, Paul MacCartney, Maybe I’m amazed !

Hadrien : Bon allez (longue hésitation) Bohemian Rhapsody pour faire une petite dédicace à Rémi !

Elodie : Ou La mer de Charles Trenet.

Du coup vous parlez souvent d’influences très rock telles que Radiohead, Led Zeppelin, Jimi Hendrix , alors que ce n’est pas forcément que l’on ressent à l’écoute de vos morceaux.

C’est des influences que l’on a parce qu’on a grandit avec ces musiques-là, c’est pas forcément des choses que l’on écoute tout les jours non plus.  On écoute un peu de tout, dont pas mal de scène émergente. Je pense que c’est hyper dur de donner des influences, parce que j’écoute des trucs qui m’influencent ou non.

Plutôt ambiance scène ou studio ? 

C’est différent.. On adore la scène parce qu’on fait de plus en plus de concerts, on aborde vraiment la scène différemment de dates en dates. C’est beaucoup trop différent pour comparer, je pense que c’est par période.

Comment composez vous et écrivez vous? Qui fait quoi, quand, où, comment ?

En fait tout peut arriver, ça dépend vraiment des morceaux. Parfois on fait tout ensemble du début jusqu’à la fin, parfois Hadrien monte toutes les instrus et je pose juste les voix dessus, ou alors c’est carrément l’inverse, ça reste très aléatoire. Comme on est étudiants, c’est un peu notre récréation de composer. Il n’y a pas de moments où l’on se dit : « Bon allez, on va se caler pour écrire ». On l’a fait quelque fois et on s’est rendu compte que c’était les moments où on était les moins productifs.

La ville de vos rêves pour vous produire ?

Sans hésiter, San Franciso, la Californie en général en fait ça parait un peu cliché, mais bon. Après quitte à partir loin et pour composer, on partirait dans un endroit beaucoup plus dépaysant du genre l’Afrique, ou l’Amérique latine pour s’immerger dans des cultures totalement différentes.

Vos premières émotions musicales ?

Hadrien : Moi c’était Led Zeppelin que j’ai écouté super jeune grâce aux albums de mon père.

Elodie : Les premiers albums que j’ai écouté étant petite c’était Charles Trenet.

Un mot pour décrire chaque membre ? 

Hadrien : (longue hésitation) chieuse.. non ! Duchesse ! Les mauvais côtés comme les bons ! (rires)

Elodie : Ok… Radin  ! Ou enfant.

Votre dernier coup de coeur littéraire ou musical ? 

Hadrien : Je suis un peu en retard, mais moi c’était Sur la Route de John Kerouac, et en musique je dirais Leo de Las Aves

Elodie : J’ai lu récemment L’arabe du futur Riad Sattouf et j’aime beaucoup écouter Flavien Berger en ce moment.

Vous faites parti des quelques sélectionnés pour les Inouïs du Printemps de Bourges, vous pouvez nous en parler ?

C’était une belle surprise parce que je pense qu’on l’a fait comme beaucoup de groupes sans trop se poser de questions, on était déjà super contents d’être sélectionnés en région, pour nous c’était déjà une victoire. Les styles des candidats étaient vraiment différents, du coup ça nous faisait un peu peur car il était difficile de se positionner par rapport aux autres. Ce qu’on a trouvé super intéressant c’était la démarche d’accompagnement qu’il y avait autour des artistes et c’est assez top, on a bien hâte de Bourges du coup !

Votre avis sur l’état de la radio française ? 

On va pas trop critiquer la radio française parce qu’on y passe, mais en fait on écoute jamais la radio, quand on le fait c’est nostalgie dans le van sur la route pendant les tournées, ou radio nova et fip. On aurait du mal à parler des autres que l’on ne connait pas forcément.

Mais France Inter est cool, ils ont une palette de diffusion intéressante au niveau des artistes émergents qu’ils passent, culturellement ça reste super intéressant, la programmation reste hyper variée.

Est-ce que vous avez déjà un public qui vous suit? Des fanatiques? 

Des groupes de soutien oui, mais pas encore de déclarations d’amour personnelles (rires), beaucoup de personnes viennent nous voir à la fin des concerts et on aime ce contact là, on prend le temps de le faire parce que c’est important.

Un message à faire passer ? Au public, aux autres musiciens français, vos parents? 

On peut remercier les gens qui nous suivent déjà et on pense que c’est le plus important.

Un mot de fin ? 

Hadrien : Et bien.. ciel !

Elodie : Ce sera bleu, ciel bleu !

Remerciement à Cold Fame Records, les Holy Two ainsi que Odyl pour cette interview.

Crédit photo : Quentin Vialatte
, , , , , ,