Pitchfork Music Festival Paris 2016
Grande Halle de la Villette, Paris

Par le 06 novembre 2016

En même temps que nous changions d’heure la semaine passée, il nous fallait également changer nos habitudes musicales. Rien de mieux que le Pitchfork Music Festival Paris pour se refaire une culture pop et combler ses lacunes. Exit les rumeurs de mauvaise qualité du son, la Grande Halle de la Villette était aménagée avec soin pour garantir le plus grand confort à ses festivaliers. Après notre rendez-vous manqué l’année passée, nous célébrons aujourd’hui nos premières rencontres avec des artistes idolâtrés.

Floating Points nous procure la première émotion du festival avec son live hypnotique. Le britannique Sam Shepherd, docteur en neurosciences, pianiste de talent et producteur, explore le genre électronique depuis 2008. Il apparaît sur la scène de la Villette entouré de musiciens opérant à la batterie, guitare et basse. Ensemble, ils insufflent de l’humanité à des productions qui, en dépit de leur minutie et de leur inventivité, semblent un peu désincarnées sur disque. Les lignes géométriques défilant en toile de fond s’ajoutent à l’ensemble. Dominic Maker et Kai Campos, duo de Mount Kimbie, n’ont pas sorti de nouveau single depuis leur deuxième opus « Cold Spring Fault Less Youth » paru en 2013. Leur duo, augmenté de deux musiciens, apparaît complice et détendu. Quelques-unes de leurs nouveautés sont au programme de leur set mi pop, mi électro, mi dubstep. Nous sommes soufflés par la performance du groupe mythique Explosions in the Sky. Ils sont considérés comme les précurseurs du mouvement post-rock instrumental. En plus de 15 ans de carrière, les quatre texans ont composé 6 albums et les bandes originales de plusieurs films et séries. Leur apparition sur la scène parisienne est comme le feu d’artifice d’un 14 juillet. Le concert de Bat for Lashes est sans doute notre meilleure « première fois » du week-end. Natasha Khan de son vrai nom, est touchée par la grâce ce soir-là. Elle parade en robe de mariée rouge, affublée d’un voile qu’elle a très vite fait de retirer. Bat for Lashes incarne parfaitement la mariée qui donne son nom à « The Bride », son 4ème album. Doux mélange de  Björk, PJ Harvey et Kate Bush, la jeune anglaise nous fait frissonner lorsqu’elle interprète « Laura », extrait de « The Haunted Man ». Todd Terje & The Olsens nous fait passer un agréable moment funky et disco. Moderat monte les décibels et assombris les lieux, on en sort hébétés mais impressionnés par des visuels proches de la 3D. Pas facile d’exister sur les moteurs de recherche lorsque l’on s’appelle Whitney. Originaires de Chicago, les jeunes membres de Whitney (anciennement membres de Unknown Mortal Orchestra) font sensation depuis la sortie cet été de leur titre « No Woman ». Quand la country et le rock (sans oublier la trompette) se mélangent ça donne un set sacrément nonchalant, à la Whitney. Minor Victories a livré un set en demi-teinte. C’est l’union qui fait la force de ce « supergroupe » composé de musiciens échappés de Mogwai, Slowdive et Editors. Si le professionnalisme du quatuor est indéniable, leur prestation scénique manque quant à elle de panache et d’énergie. La performance de Warpaint au Pitchfork nous a un peu réconciliée avec les morceaux de leur dernier album, « Heads Up ». Notre joie est si intense de les voir enfin que nous en oublions les erreurs techniques et les problèmes de justesse. Elles ont chanté les incontournables « Keep it Healthy » et son « Intro », « Love is to Die », « Disco/Very » et le nouveau « New Song » qui tourne en boucle dans le walkman. La jeune chanteuse de R’n’b américaine ABRA est débordante d’énergie. Programmée juste avant LA diva, elle a la lourde tâche de faire patienter le public. Alors que le décor métallique de M.I.A est installé, elle se déhanche avec classe et charisme. La présence de M.I.A n’est sans doute pas étrangère au succès de cette 6ème édition. Programmée samedi en fin de soirée, l’artiste d’origine sri lankaise a livré un show tout à la fois tapageur, dérangeant, excessif, et visuellement agressif. Celle qui « unit les gens depuis 2003 » a évidemment interprété tous les tubes qui ont fait sa notoriété : « Galang », « Bad Girls », « Paper Planes » et les petites derniers « Freedun » et « Borders ».

Une édition vibrante dont on sort au moins rassasié pour l’hiver.

Merci à Pauline Le Tallec de La Cadence.

Crédit photo Vincent Arbelet.

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