© Simon Gosselin

Cabourg mon Amour 2017
Plage de Cabourg

Par le 31 août 2017

Car bourges, hipsters et dandys font de Cabourg le petit Paris alors ça bouge le temps de trois nuits : Cabourg Mon Amour, c’est parti ! Dans le festival, sur les transats en transit, entre en ‘sique du trafic transsonique : plus de hic, que des hoquets, tout le monde est ok pour hocher la tête aux quais. 

La station balnéaire se transforme en station de bal en plein air. Mais avant de danser le vendredi soir… Pour rentrer ? La queue. Pour manger ? Ça traine. Pour pisser ? Trop peu. Il n’y a que pour monter la tente, qu’il n’y a pas l’attente. S’il faut veiller à la beauté du cadre, il ne faut pas non plus s’endormir sur ses lauriers afin de ne pas embraser les besoins nécessaires des invités. Les hôtes réussirent à éteindre ce feu de paille au cours du week-end.

 

Ce vendredi, Jacques a dit : mixer de l’eau. Alors Jacques, et la techno magique, utilise ses machines comme traducteur automatique : du bruit à la musique, du son à l’expérimentation, de l’eau en pulsation. Ploc, gloup, splash : du field recording dans un happening, voilà un concert éphémère. Qui sonne comme un bonbon ? Un set de boom boom.

Qui sème les piquets récolte le dodo : pendant que les éternels fêtards voient la nuit comme blanche sur la plage, les plus dormeurs apprécient des nuits noires au camping. Face à la mer, j’ai pris du plaisir. Face contre terre, du calme, pas de folie. Si le prix pour ce lopin de terre n’est pas offert, les sanitaires n’ont pas besoin de serpillières. Un camping strict, sans animations – ni bouteilles en verre – mais qui remplit les tâches nécessaires.

Se dorer la pilule l’après-midi, sur la plage, avec des mix qui stimulent : ah oui, et gratuit, pour cela, je postule ! Dans la cartographie des festivals, Cabourg Mon Amour innove en inventant le festival intimiste « à la cool » : un cadre paradisiaque, des concerts en journée, de la nourriture raffinée – fruits de mer et sel de truffe –, des boissons originales comme le Club Mate. Slowly, slowly, ici c’est chill, grill & brille.

Du slowcore pour se mettre dans le bain : Cigarettes After Sex joue le temps d’un ébat, sans faire débat et ni des hauts ni des bas. Tout le public assis, les yeux fermés, sentant les vagues de vents doux et de chansons douces tournés dans une tempête d’émotions cristallisant la pensée. Agar Agar enchaîne violemment en se garant sur la scène Greenroom. Le duo déchaîne la foule, les passions et les passants extérieurs se gargarisant de l’autre côté des grillages. Pourquoi payer si on peut regarder ce beau panier garni gratuitement  de l’autre côté des gardes-frontières ?

© Simon Gosselin – Cigarette After Sex – Facebook du festival

La scénographie ne trahit pas la beauté du paysage par son esthétique DIY en bois se fondant avec les couleurs de la plage : les pieds dans le sable, la sensation d’être loin du quotidien était grande.  Car Cabourg Mon Amour s’affiche comme un petit village avec un coin jeu de société, des stands de chapeaux de fleurs, l’émission de Nova en direct, des babyfoots – les faire en carton ne fût pas la meilleure idée -, un disquaire-librairie…

Le DJ set de Lone électrise avec des musiques fiévreuses, endiablées tandis que Jacques Green tranche davantage pour une musique moins dance que son prédécesseur. Entre temps, Lescop a apporté une inquiétante étrangeté avec ses chansons en français teintés de new wave. Si les sonorités d’Indochine semblent ne pas quitter certaines chansons, il se détache sur scène par un calme froid et énigmatique avec un jeu de lumière bleu pétrole-bleu électrique.

© Simon Gosselin – Lescop – Facebook du festival

777 ! Error 404 ! Pourquoi se transformer en machine à sous avec des afters payants au Casino ? Jackpot pour ceux qui sont au sec à sec ! Jackpot pour les riverains, couches tôt non-habillés comme l’as de pique ! Jackpot de gain en gain pour les organisateurs ! Jackpot mais pas très potes à cette partie.

On prend les mêmes et on recommence. Dimanche, jour de pluie, jour de Normandie. Pour se fondre dans le cadre spatio-temporel, Nilüfer Yanya propose une prestation folk acoustique accompagné d’une saxophoniste : doux comme du coton dit-on. Hey, une reprise des Pixies, en guise d’adieu laissant la trace d’un parfum mélancolique soufflée par une fleur en éclosion. En guise de passerelles, voici PARCELS et leur tube Overnight produit par Daft Punk. Aux allures hippies, aux sonorités groovy, aux sourires tout gentils, les garçons dans le vent normand s’amusent et transpirent une joie de vivre multicolore. Et puis Loyle Carner, dans un décor cosy où se cotoient maillot de foot floqué, fausse bibliothèque et fauteuil, débarque en grand sportif après une introduction hip hop un peu longuette. Le Londonien étend son hip hop classique au rap mélancolique en passant par des feats avec son beatmaker.

© Simon Gosselin – Parcels – Facebook du festival

Fishbach, pour son retour au festival, joue la carte de la nonchalance dans sa relation avec le public. Cette attitude permet à son show de rester froid, lyrique, envolé : comme si on siégeait dans une église un soir de pleine lune. Enfin, le live de Polo&Pan fût très remarqué avec de nombreux décors et jeux de lumière, des danseuses et chanteuses aux allures exotiques et une ribambelle de singles pour clôturer, tel un feu d’artifice, l’édition. 

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