Frànçois And The Atlas Mountains
CAPC de Bordeaux

Par le 16 avril 2013

On a bien fait de pousser la porte du Musée d’Art Contemporain de Bordeaux jeudi dernier en début de soirée, pour assister au tout premier Yellow Live organisé par Arc en Rêve, qui mêle culture et architecture à Bordeaux depuis 1981.

Ce soir là, sont mis côte à côte en lumière l’architecte Burkinabé Francis Kéré, et le musicien François Mary venu avec son clan. Un lien ténu, spirituel et métaphysique, pour ces deux oiseaux migrateurs.

Le maître mot de la soirée « voyage ». Au sens propre comme au figuré, nous sommes invités à évoluer dans l’espace et le groupe Frànçois and the Atlas Mountains n’a pas hésité à nous montrer l’exemple. Nous pouvons monter, descendre, tourner autour de la pièce et explorer chaque recoins de la nef afin d’entendre les différences de répercussions des sons sur la pierre.

En accord avec ce lieu voûté et magistral, le groupe fait une entrée cérémonielles. Sages et ordonnés, habillés de blanc et de noir à la manière de choristes, et nombreux pour l’occasion (il s’est ajouté à la formation de base Agathe Issartier au violoncelle (Gatha), Julien Tirbois, Vicent Bestaven et Mathieu Hauquier (Botibol), ils semblent comme portés par la voix lointaine et réverbérée de François invisible, et viennent s’installer en cercle, se faisant face au milieu de nous tous.

Une grande dynamique est instaurée dès le départ. Les musiciens tournent circulairement sur les cordes, les cuivres et les synthés au fil des titres qui s’enchaînent (« Extraslow Love »), à la manière des aiguilles d’une montre. Pourtant le temps semble s’être arrêté tant le moment est intense.

Le concert s’ouvre sur le célèbre « Je suis de l’eau ». On ne se repose pas une seconde sur la performance car Frànçois nous éveille et nous bouscule en continu. On cherche les musiciens disparus de la scène pour les apercevoir aux balcons de l’étage, on les cherches alors qu’ils marchent en cercle autour de nous (roulant en skateboard pour certain), et on tape des pieds avec eux (« La Vie Dure »). Un attroupement curieux se fait autour de Frànçois étendu sur le sol, semblant loin, en communion avec le lieu et l’instant présent, durant une longue partie instrumentale du titre « Piscine ».

Le concert va decrescendo et se termine lentement sur le magnifique «Royan», morceau attendu par certains. Nous ressortons en apesanteur à plusieurs mètres au dessus du sol, dans une quatrième dimension. J’entends même des personnes dire “ j’ai l’impression de sortir d’un cours de Yoga“, et je comprends que beaucoup semblent partager mon apaisement.

Nous conseillions vivement l’exposition Bridging the Gap Prolongée jusqu’au 19 mai! (Plus d’informations ici!). L’Image à la une : école élémentaire, Gando, Burkina Faso, 2001 © Siméon Duchoud / Aga Khan Trust for Culture.

 

Frànçois_CAPC3

© Cyriane Girouard

 

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