Mitski
Pop-Up du Label, Paris

Par le 07 octobre 2016

Toute la planète indé anglo-saxonne n’a d’yeux que pour elle depuis quelques mois. Mitski Miyawaki artiste américano-japonaise, s’affirme comme l’une des incontournables de l’année avec la sortie en juin de son album Puberty 2. Quatrième long format déjà, mais le tout premier à faire parler d’elle via le label Dead Oceans (Destroyer, Kevin Morby, Riley Walker).

Nous sommes donc allés voir jouer la chanteuse de 25 ans à Paris le 30 septembre pour un concert en tête d’affiche au Pop-Up du Label, à deux pas de la gare de Lyon, afin de mieux comprendre le phénomène dont les productions à base de guitare et la voix d’ange sont à situer quelque part entre St. Vincent et Angel Olsen. La nouvelle reine de la pop lo-fi a ce soir-là (déjà) droit à un concert « sold-out » dans la capitale, quelques mois après avoir fait la première partie de Twin Peaks à la Mécanique Ondulatoire.

Nous la retrouvons donc dans la petite salle de la Rue Abel, réputée pour ses concerts bouillants malgré ses ventilateurs battant de l’air à grande allure. La jeune brune monte discrètement sur scène vers 22h équipée d’une guitare électrique. Elles enchaîne alors des compositions allant du simple au double, de l’acoustique intimiste au rock rageur. Et c’est plutôt par ce premier aspect que le concert a brillé : sa voix claire et puissante a pris les devant et les choses en main. Ses musiciens sont en effet présent sur certaines chansons, avant de s’effacer sur d’autres, une simplicité qui profite à Mitski qui seule à la guitare donne toute l’intensité de son art par la voix, nerveuse ou triste, froide ou chauffée à blanc. Une autre façon de la découvrir que par l’écoute de son album, qui lui joue habillement de productions pop/rock pour accoucher de titres catchy faits pour coller à nos oreilles.

Entre deux titres, Mitski exprime sa joie d’être dans la capitale, qui l’intéresse beaucoup pour ses Jack Russell (qu’elle prononce ironiquement “Jacques Russell”) : “S’il y a une chose à savoir sur moi c’est que je suis une grande fan de chiens” précise celle qui a baptisé une de ses chansons « I Bet On Losing Dogs ». Puis la résidente de Brooklyn dégaine ses singles,  à l’image du très viral « American Boy », réveillant alors une horde de fans ravis de pouvoir le chanter en chœur. C’était probablement l’instant le plus attendu du set, tellement certains semblaient n’être venus que pour cela. Pourtant l’américano-japonaise l’a également passé sous le filtre du concert du soir, avec une version plus dans la retenue, comme pour en décupler les effets. Visage impassible, sa voix seule exprime toute une pluie d’émotions pour le moins saisissante. L’effet est similaire quand elle reprend non sans surprise « How Deep Is Your Love » de Calvin Harris et Disciples, d’un registre pourtant tout à fait différent.

La guitariste oublie cependant « Happy » la chanson qui résume le mieux son dernier disque, sorte de quête du bonheur à l’aube de l’âge adulte. Autre regret perceptible dans le regard des spectateurs : la durée du show, trop brève avec ses 40 minutes, malgré les quatre albums que rassemble sa discographie depuis 2012.

Mitski nous gratifie donc d’un rappel pour clore le show en beauté : une performance en solo à coup de cordes saturés de « My Body’s Made of Crushed Little Stars » qui confirme la chanteuse comme l’une des nouvelles grands voix de l’année.

Crédit photo : Jean-Marc Ferre

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Une vidéo publiée par Charles Binick (@charliebnck) le 1 Oct. 2016 à 3h40 PDT

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