© Thomas Saminada

TOP 10 LIVES
Printemps de Bourges

Par le 27 avril 2017

Retour sur nos 4 jours intensifs (et c’est peu de le dire) au Printemps de Bourges, en attendant les nombreux portraits et sessions acoustiques on vous a concocté un top 10 de nos lives préférés de cette édition 2017. 

LAST TRAIN

Last Train, c’est la maturité à seulement 22 ans. Fort de 3 ans de tournées qui leur ont permis de prendre le temps de sortir un album rock plein de subtilités, le groupe de Mulhouse n’a eu besoin que de 30 minutes pour voler la vedette au monstre Placebo sur la main stage du festival, jusqu’à se demander si ce n’était pas Brian Molko qui faisait la 2ème partie des petits frenchies. Leur maîtrise technique frôlant la perfection, autant sur le plan musical que scénique, on en viendrait presque à vouloir un petit grain de folie en plus. En tout cas, voir un groupe Français de rock à un tel niveau, ça fait du bien ! On ne peut qu’être admiratif et impatient de voir comment ce jeune quatuor qui a déjà tout compris va continuer à évoluer. (Olivier.D)

Last Train © Thomas Saminada

LYSISTRATA

Une claque. C’est le terme qui revient souvent lorsqu’on découvre Lysistrata. Pourtant, on devrait compter 3 baffes. Celle que nous met Ben avec sa batterie poignante, puis Max avec sa basse percutante, avant que Theo nous achève avec sa guitare énervée toute en finesse. On pourrait rajouter une 4ème gifle avec la patte d’Adrien Oheix aux lumières, qui sent et anticipe le jeu imprévisible de ce trio à l’harmonie parfaite pour le sublimer. Chaque concert se finit en plein KO tellement ils se vident sur scène et qu’ils frappent le public avec leur énergie ravageuse. D’ailleurs, les professionnels ne s’y trompent pas et se prennent leur talent directement dans les gencives. Malgré une musique détonante qui oscille dans des cases obscures comme le post-rock / math-rock qui pourrait leur fermer les portes des récompenses souvent formatées, ils avaient conquis le Ricard SA Live Music en janvier. Au Printemps de Bourges, ils ont remis ça avec le Prix du Jury des Inouïs 2017 (ex-aequo avec Ash Kidd) l (Olivier D.)

Lysistrata © Thomas Saminada

FISHBACH

Dans un théâtre Jacques Coeur sublime, mais un peu réduit, il fallait jouer des coudes pour voir et entendre la nouvelle révélation de la chanson française. Entouré de son fidèle live-band depuis sa création au Trans en décembre, Fishbach est venue électriser la salle du centre ville un an après avoir triomphé aux Inouïs du Printemps de Bourges. Usant habilement de sa voix androgyne et de sa présence magnétique, l’Ardennaise d’adoption au charisme déroutant a envoûté un public assis et concentré. Sa prestation faussement sombre -qui évoque la mort avec recul et légèreté – est restée fidèle aux partitions pop enjouées et synthétiques de son disque. « On me dit tu » et « Un autre que moi » figurent ainsi parmi les temps forts de l’une des performances les plus attendues de cette édition, aux côtés de sa reprise toujours très réussie de « Nightbird » de Lavilliers. (Charles.B)

INUÏT

Notre coup de coeur à l’unanimité du côté des découvertes des Inouïs Printemps de Bourges version 2017. La joyeuse bande nantaise respire la bonne humeur avec une énergie débordante sur scène. Situé quelque part entre la pop-électronique de The Dø (« Anne« ) et la folie percussive de Arcade Fire (« Dodo Mafutsi« ), nul doute que ce groupe fera bientôt, beaucoup beaucoup parler de lui avec sa pop tribale et très bien écrite. (Thomas.S)

INUÏT © Thomas Saminada

PARCELS

Révélation australienne cette année avec son EP « Hideout », Parcels nourrissait de nombreuses attentes à Bourges. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’a pas déçu : Avec son nu-disco d’une fraîcheur sans pareil, quelque part en entre Todd Terje et Jungle, le quintet a enchaîné les singles vintages avec autant de classe que d’efficacité. La fosse du 22 s’est vite transformée en dancefloor sur les mélodies ensoleillées de « Gamesofluck » ou « Myenemy », des tubes animés par des synthés hypnotisant et des guitares funky qui transportent dans ambiance 70’s. Avec sa présence énergique et décalée, la bande de chevelus a assuré le show avec ses harmonies vocales bien senties, bien menées par son guitariste et chanteur dont la moustache donne des faux-airs de Frank Zappa. Aucun doute que les refrains catchy de ces nouveaux Bee Gees, délocalisés à Berlin depuis quelques années, ne soient restés dans la tête des festivaliers toute cette nuit du 20 au 21 avril. (Charles.B)

JUNIORE

Confirmation pour Juniore (dont vous pouvez trouver le portrait ici) dans un 22 comble après la sortie récente de leur premier album Ouh Là Là. Héritières justifiées de Feu! Chatterton dans la production (elles ont le même réalisateur), le trio féminin (+ la chose) donne un grand bol d’air frais à la nouvelle scène pop française. Coup de coeur aussi ! (Thomas.S)

Juniore © Thomas Saminada

AGAR AGAR

Tête d’affiche sur la scène du 22 aux côtés de Paradis, Agar Agar n’a qu’un petit mini-album à jouer, mais il n’en fallait pas plus pour assurer une belle fête de minuit aux festivaliers. La pop synthétique aux accents techno du duo a métamorphosé la salle en club le temps d’un set puissant et enivrant. Entre frénésie acid disco et minimalisme onirique, les nostalgiques de la french touch ont sûrement été enchantés par la délicieuse reprise de « You’re My High » ou les boucles étirées du génial « Cuidado, Peligro, Eclipse ». Une performance notamment portée par la chanteuse Clara Cappagli, électron libre échappé du projet punk Cannery Terror pour s’emparer de sonorités électroniques. Une boule d’énergie qui explose sur les synthés d’« Aquarium » et de « Symbiose », où des diatribes furieuses sont enchevêtrées avec des beats dansants, tandis qu’à ses côtés Armand Bultheel anime ses machines au milieu d’un bel arsenal lumineux. Bien aidé par un flot de basses assommantes, le tandem d’étudiants aux beaux-arts remporte ainsi la palme de la belle transe collective pour ce set de 45 minutes électrique et bouillant. (Charles.B)

WARHAUS

Le cadre majestueux du petit théâtre Jacques Coeur n’a fait que sublimer le projet solo de Maarten Devoldere, une démonstration de haut vol de ce que sait faire le leader de Balthazar qui s’offre une échappée sensuelle et électrique, il nous envoûte complètement avec son univers sombre et son flegme « gainsbourien ».  We fucked a flame into being et à savourer encore et encore autant en live qu’en version studio. (Maëva.N)

Warhaus © Thomas Saminada

ALIOCHA

Véritable caméléon se muant tour à tour en Bob Dylan, Sixto Rodriguez, ou encore Cat Stevens, Aliocha impressionne par sa capacité à capter son auditoire avec autant de simplicité et de facilité. Une bouffée d’air frais ; le jeune homme nous a offert une première partie électrique avec son back band et une deuxième partie tout seul guitare ou/piano voix. Un véritable moment de sincérité. (Maëva.N)

YUKSEK

Dans un grand W à la chaleur grimpante, Yuksek se présentait sur scène accompagné de son nouveau disque « Nous Horizon » ainsi qu’un live band pour l’occasion. Ambiance de fête dès les premières secondes, usant de ses multiples machines pour faire danser tout le chapiteau avec la complicité de l’excellente batteuse Lucie Antunes (Moodoïd, Naive New Beaters…) ainsi que le chanteur de Juveniles et son percussionniste pour le coup, très excité lors de ce live. Entre la pop groovy de « The Edge » ou les titres lumineux de son dernier disque, un concert de haute qualité. (Thomas.S)

 

 

 

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