TAGADA JONES / NO ONE IS INNOCENT / CHARLY FIASCO
Le Bikini, Toulouse

Par le 01 mai 2017

Le 28 avril 2017 le Bikini accueillait la septième date de la tournée Tagada Jones / No One is Innocent.

C’est Charly Fiasco, formation punk rock de la région Toulousaine, qui ouvre la soirée. La quatuor monte sur scène un peu avant 20h30. Bandanas et tatouages, le groupe donne rapidement le ton de cette soirée « entre deux tours ». Les langues sont déliées. Le bassiste glisse un « François rend l’argent » au milieu du morceau « Conjuguer la vie à deux », le chanteur/guitariste revient sur les élections en scandant qu’il faut choisir entre un « gros connard de mon cul et une grosse facho » en introduction du morceau « Sans fleurs ni couronnes ». On remerciera Charly Fiasco pour cette ouverture qui a parfaitement introduit la soirée qui nous attend. Le groupe sera d’ailleurs arrivé à convaincre le Bikini de faire un … Chenille-Pitt. Soit un circle pitt en faisant la chenille, parcequ’on est dans le sud voyez-vous. Le set se termine au bout d’une demi-heure pour laisser la place à No One is Innocent.

Le visage enfantin de l’album Propaganda (sorti en juin 2015) apparaît en backdrop. No One is Innocent monte sur scène sous les applaudissements d’un public ravi de revoir le groupe parisien dont le dernier passage à Toulouse datait d’il y a plus d’un an (31 mars 2016, au Metronum). Le concert commence sur « Djihad Propaganda » et, comme d’habitude, l’énergie est au rendez-vous. C’est avec plaisir que je retrouve ce groupe qui sait réveiller en chacun d’entre-nous la rage qu’on a trop souvent tendance à oublier. On aura le plaisir d’écouter des morceaux extraits de Propaganda mais également des morceaux d’anciens albums du groupe. Arrive en troisième position « Nomenklatura » (issu d’Utopie), et je ne me lasse pas de voir Shanka chanter dans sa guitare.

Résonne alors le riff de basse de « Silencio », calme avant la tempête « quel que soit le système : Silencio ! » : bien évidemment, le ton donné en début de soirée ne change pas. On parle politique et de toute « la colère et toute la rage qu’on doit avoir en ce moment ». Au premier rang, on se prend des coups de pieds des slameurs, mais aussi des coups de câbles tellement ces derniers ont tendance à voler : Kemar est fidèle à lui-même. Sec dans ses mouvements, remonté et bondissant, engagé dans ses mots, il transmet une colère qui ne demande qu’à être entendue, en porte-parole d’une France trop mal menée.

Le public continue de s’enflammer sur la reprise de « Bullet in your head » (Rage against the Machine) qui sera succédé par « Johnny Rotten ». Presque comme une tradition de fin de set, les No one rappellent qu’ils ne finissent jamais un concert seuls et invitent le public à les rejoindre sur scène. Ni une, ni deux, une partie du Bikini se retrouve sur le plateau le temps d’un morceau. Nostalgique d’une tournée qui s’achève bientôt, Kemar invite Nikko (chanteur guitariste de Tagada Jones) à clore ce concert sur « Charlie » en appelant à se souvenir de « tous ceux qui sont tombés ».

Tagada Jones monte sur scène pour finir une de ces soirées punk dont on ressort rincés à force de sauter dans tous les sens, de bouger la tête avec hargne et de crier à pleins poumons les refrains enragés faciles à retenir.  « Envers et contre tous » ouvre ce dernier set, rapidement suivi par « La peste et le choléra », morceau éponyme de leur dernier album sorti en mars 2017 et qui semble plus que jamais d’actualité.

Guitariste et bassiste ne cessent de parcourir la scène à pleines jambes, de s’élever sur pratos et retours. L’ambiance est électrique. « êtes-vous toujours Charlie? » c’est la question qui annonce le morceau « Je suis démocratie ». Les slameurs se font de plus en plus nombreux, certains d’entre-eux parviennent même à monter sur scène avant de se permettre un plongeon dans la masse suante. La soirée se termine sur l’hymne punk « Mort aux vaches », aux côtés du batteur de Parabellum mais aussi de Kemar et Popy (respectivement chanteur et guitariste de No One) venus pour chanter ce morceau dont tout le monde connait le refrain.

 

Aucun rappel n’aura été donné ce soir, chaque concert aura été livré avec fougue, et à 200%. Beaucoup étaient venus pour avoir leur dose, c’est chose faite. La salle retrouve son calme malgré un bourdonnement constant à l’intérieur de mes oreilles que je n’avais pas remarqué jusque-là, mais qui n’est franchement pas regrettable vu la soirée que je viens de passer.

crédit photo : www.gabphotographe.com

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