The Japanese House
Pop-Up du Label, Paris

Par le 17 novembre 2016

Nouvelle venue sur la scène londonienne, Amber Bain enchaîne les compositions pop à la structure débridée depuis l’année dernière sous le nom de The Japanese House. Une façon de donner à son projet un caractère androgyne, depuis qu’elle est partie en guerre contre les stéréotypes qui opposent les genres. La songwriteuse explique ainsi dans les médias comment plus jeune, en voyage dans le Devon (sud-ouest de l’Angleterre), déguisée en garçon pendant toute une semaine, elle est parvenue à séduire sa voisine de palier au point de lui inspirer des lettres d’amour.

Intrigués par son univers, nous avons profité du passage de l’Anglaise à Paris le 10 novembre pour aller la voir jouer sur la scène du Pop-Up du Label. Amber Bain a réuni ce soir-là un public assez jeune et très averti, comme si elle était déjà suivie par un premier noyau de fans. La chanteuse et guitariste, accompagnée de quelques musiciens, pose immédiatement sa dream-pop minimaliste à la fois produite et atmosphérique en ouvrant avec « Clean ». Comme si de douces sonorités folk étaient passées sous un filtre électronique, à l’image de sa voix constamment triturée par un vocodeur.

Ce grain robotique perturbant aux premiers abords, car ni masculin, ni féminin, lui donne une signature vocale artificielle et singulière, bien qu’assez monocorde tout au long du set, et parvient à séduire sur quelques titres planants. L’artiste de 20 ans conjugue ce chant ambigu avec quelques éclats de guitare mélodieux qui surgissent çà et là au milieu de vagues de synthés et de beats électros soigneusement cadencés.

Une vidéo publiée par Charles Binick (@charliebnck) le 10 Nov. 2016 à 15h11 PST

The Japanese House offre ainsi une électro-pop dans sa vision la plus épurée, sans fioriture ni excès, dans sa version la plus envoûtante et apaisante, à l’image des XX. Sans trop sortir des sentiers battus, elle reprend des ingrédients connus pour tenter de développer sa recette personnelle. La Britannique revisite de cette façon l’électronica et se libère des étiquettes, bâtissant un univers langoureux et aérien avec «  » ou « Swim Against The Tide ».

Cependant, plus on se rapproche de l’album, plus les récentes compositions d’Amber Bain semblent prendre un tournant plus pop, à l’image de l’entêtant « Face Like A Thunder », axé sur des synthés plus dansants. Elle apporte ainsi de nouvelles nuances au projet, dans un set qui pêche un peu par son homogénéité globale. Peu bavarde sur scène, la jeune anglaise semble en tout cas gênée et amusée par l’adhésion totale de son public quand elle termine par son single le plus apprécié, « Still ». Et on l’attend déjà au tournant pour son premier album.

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