Tim Darcy
Olympic Café, Paris

Par le 03 mars 2017

Après deux albums avec son groupe Ought, le chanteur et guitariste Tim Darcy s’échappe en solo cette année sur Saturday Night. Un premier disque sans ses acolytes montréalais qui l’émancipe ainsi du registre post-punk dans lequel s’est principalement aventurée la formation. Partant, le Canadien s’essaye à un rock plus intimiste qu’il est venu présenté à Paris dans la petite salle de l’Olympic Café.

Dans l’exigu espace de concert situé au sous-sol du bar du 18e arrondissement, on le retrouve ainsi seul sur le devant de la scène avec sa guitare, accompagné de deux musiciennes à la basse et la batterie. Une formule inédite que nous souhaitions absolument découvrir en live, et nous n’avons pas été déçus. Vers 22 h s’enchaînent en effet les dix titres d’un étrange kaléidoscope indie-rock devant un petit parterre de curieux, entre folk épuré, morceaux instrumentaux à la texture débridée ou classic-rock plus catchy.

« Je ne joue que des chansons tristes, résume le jeune homme à son public, j’espère que c’est ok pour vous. » C’est ainsi qu’il prévient au moment de faire ses noires confessions sur un chant aussi piquant qu’émouvant, avec une voix d’un autre âge au grain sensible qui s’illustre autant par ses murmures caverneux que sa nervosité. Et avec comme principal temps fort le génial « Tall Glass Of Water », symbole d’une reconversion au rock à la sauce 60’s, quelque part entre Lou Reed et les Velvet Underground.

Ses deux musiciennes l’accompagnent ainsi en chœur sur les riffs nerveux de ses compositions les plus rythmées, puis se taisent quand le Canadien leur préfère les prestations plus acoustiques sur des guitares-voix vibrants qui invitent à la mélancolie. Pour son 8e concert dans cette formule, Tim Darcy nous livre des ébauches de tout ce qu’aurait pu être Ought, mais qu’il n’est jamais devenu, malgré le fait que Saturday Night consiste notamment en de vieilles démos imaginées avant même les débuts de son groupe. Le Montréalais doit en garder encore un stock conséquent, puisqu’il nous présente également à l’occasion de ce concert dans la capitale quelques titres inédits sortis de vieux carnets du fond de ses tiroirs. Parmi elles, certaines sont par ailleurs en cours de rodage puisque le Canadien doit s’y prendre à deux fois avant d’en lancer une correctement, tout en s’excusant.

Après un court rappel, c’est le moment de s’illustrer par un ultime morceau en crescendo ou la batterie se fait discrète avant d’emporter la guitare sur un jeu de cordes plus saturé, tandis que la bassiste troque son instrument pour un violon. Une clôture idéale pour cette version dark et intimiste de Ought qui permet de découvrir une autre facette d’un songwriter au talent déjà confirmé. Une parenthèse surprenante, mais donc loin d’être inutile avant un retour vers les expérimentations plus punk de son groupe formé avec Matt May, Ben Stidworthy et Tim Keen. L’un des trois était d’ailleurs attendu ce soir, mais comme un symbole, il ne figurait finalement pas aux côtés de Tim Darcy sur la scène.

Crédit photos : © Jean Marc Ferré

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