Will Butler
La Maroquinerie, Paris

Par le 18 avril 2015

Il y a une semaine à peine, nous sommes descendus dans les entrailles de la Maroquinerie pour assister à un bien étrange show. Nous sommes allée voir jouer Will Butler, le groupe de (et sans surprise) Will Butler, tenez-vous bien, un membre des Arcade Fire !

Mon amour pour Arcade Fire n’est ignoré de personne (qui me connaisse). Je les ai dans la peau c’est bien simple. Cependant je m’étais bien promis de ne pas laisser cette passion dévorante altérer mon jugement concernant le baby brother Butler.

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© Florian Duboé

Les plus de ce live ça été d’abord la configuration scénique. La symétrie touchante entre ce géant en costume et nœud papillon et ses deux choristes miniatures (une blonde ! une brune !) nous a plu. On a senti une cohésion particulière aussi entre ces quatre musiciens, une bienveillance et beaucoup de bonheur d’être ensemble à jouer pour nous, ici, à ce moment M de l’espace-temps parisien.
Le plus ça été aussi la façon qu’à Will de présenter ses musiciens, en scandant leurs noms plusieurs fois les uns après les autres, puis en nous les faisant hurler en les pointant du doigt pour tester nos cordes vocales et notre capacité de mémorisation un samedi soir après quelques bières. C’était franchement cool de crier les noms de ces trois mignons avec leur papa géant pas loin qui veillait sur eux.
On a aimé ce côté grand nounours de (faux) canadien qui ne se prend pas pour le boss malgré les multiples tournées mondiales qu’il a déjà dans les pattes.

Le côté fou de ce live ça été de voir un membre d’Arcade Fire, qui remplissait deux soirée consécutives au Zénith de Paris il y a moins d’un an, débarquer sur la petite scène moite de la Maroquinerie et installer lui-même ses instruments durant le changement de plateau, en restant même le dernier après les autres afin de vérifier que tout est en place. Oui bon j’arrête avec Arcade Fire, pas la peine de râler…

Il faut que nous parlions un peu de son premier album Policy qu’il est venu nous présenter bien sûr. On doit d’abord dire qu’ils le défendent déjà de manière impeccable, difficile de se dire que le groupe tourne depuis si peu de temps. Le disque offre un rock assez classique, empreint de parfums terreux, de folk, de rock’n roll, de rockabilly, de punk britannique orienté The Clash ou The T-Rex, mais avec une ambiance très américaine tout de même. Il est bien, il est juste, il ne révolutionnera pas le monde infini et migraineux des genres musicaux mais c’est un très bon disque qui se suffit à lui-même. Et puis le petit côté choristes-qui-reprennent-les-couplets-en-effectuant-une-chorégraphie-synchronisée, nous on trouve ça irrésistible.

Les moins de ce live ça été d’abord qu’ils ne portaient pas leurs sweat noirs brodés de leur prénom (mon dieu ils sont tellement cools ces sweats !). On a eu droit à quelques paillettes tout de même. Cela a été ensuite le manque de dialogue avec le public. Grand timide Will ? On lui a tout pardonné quand il a invité son groupe à descendre parmi la foule pour interpréter leur dernier titre a cappella (qui pourrait résister à ça franchement ?).

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© Florian Duboé

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