Rencontre avec Ásgeir

Par le 25 novembre 2014

À l’occasion de la sortie de la réédition de son album In The Silence (Because Music) il y a quelques semaines, nous avons rencontré le tout jeune mais très talentueux songwriter Ásgeir que nous avons eu la chance d’interviewer au mois de septembre dernier lors de son passage dans la très belle Épicerie Moderne à Feyzin (à côté de Lyon).

Qu’est ce qui te surprend le plus depuis que l’Islande et le monde écoutent tes musiques ?

Eh bien, probablement le fait qu’avant que le monde en entende parler… ou en tout cas les gens en dehors de l’Islande… je n’étais jamais trop sorti de l’Islande. Et maintenant j’ai été dans genre, 22 pays différents je crois en même pas une année, je suis tout le temps sur la route, tous les endroits me semblent différents et j’adore rencontrer des nouveaux gens. Oui je pense que ma vie a vraiment… vraiment changé. Avant j’étais juste à l’école et j’enregistrais cet album que je jouais quelques fois en Islande, et juste un jour on a commencé à tourner et on a commencé à faire ça un peu non stop depuis.

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Tu es surpris toi même de tant de succès ?

Oh oui ! Vraiment surpris. Ca me surprend toujours de voir que tant de personnes semblent… enfin comment ça ne fait qu’évoluer. Parce que par exemple on est venus en France peut être quatre ou cinq fois, et ca n’a fait que s’amplifier depuis la première fois qu’on est venus ici, on fait des concerts de plus en plus importants, et c’est ce qu’il y a de plus gratifiant parce que tu peux vraiment voir ton public et voir les gens qui viennent pour te voir donc… c’est vraiment surprenant d’être dans un pays comme la France et de jouer dans des petites villes et de voir autant de gens venir. Et c’est la même chose dans les grandes villes.

Quel était ton premier désir pour cet album avant de l’enregistrer ?

Eh bien, à la base, ce n’était pas vraiment censé être un album avant qu’on l’enregistre, on a un peu décidé ça après l’avoir enregistré. Parce que j’avais enregistré ça pour le plaisir au début, les cinq ou six premiers morceaux c’est juste parce que j’avais l’opportunité de travailler avec un gars dans un studio en Islande. J’ai écrit tous les morceaux seul et je les ai arrangés mais mon père qui est poète et un des mes meilleurs amis Julius ont écrit les paroles des chansons en Islandais au début. Et on avait fait ça bien avant de commencer à penser à faire un album. Donc après avoir fait six chansons ou quelque chose come ça, on a commencé à envisager l’idée de faire un album.

Qu’est ce que tu peux nous raconter sur le morceau Kings and Cross ?

C’est une chanson que j’ai à la base écrite quelques mois avant qu’on enregistre l’album, et qui n’était pas supposé être sur cet album, parce que je ne trouvais pas vraiment qu’elle soit en raccord avec les autres morceaux. Mais après l’avoir essayé en studio, et après l’avoir arrangé différemment, ça a commencé à ressembler déjà plus à morceaux que ça ne l’était au début, donc j’ai décidé de le mettre quand même. C’est le second morceau qu’on a sorti en Islande qui a plus ou moins fait notre succès en Islande. Et ensuite on a fait la traduction de tous les morceaux du CD en anglais, avec John Crampt, un musicien américain qui nous a aidé pour la traduction. Et il nous a aussi aidé avec Kings and Cross. C’est aussi le morceau qui a fait arriver le succès dans les autres pays du monde où on a été. Je crois que c’est le morceau que les gens remarquent en premier. C’est très surprenant pour moi parce que je ne l’aimais pas tellement au début. Au début mon père et mon ami Julius on écrit les paroles ensemble et ils ne se sont pas vraiment concertés en écrivant les paroles, donc finalement ça n’a pas vraiment de sens… mais bon, ça n’était pas supposé avoir du sens tu sais ! Julius a écrit je crois quelques vers et mon père les autres, du coup c’est devenu presque mystique, comme un espèce de conte de fées…

Quels chanteurs ou groupes t’inspirent ?

Je dirais… des chanteurs comme Jeff Buckley… Justin Vernon… Young sea (un chanteur Islandais), Anthony and the Johnsons. Mais je ne me suis jamais vraiment considéré comme un chanteur, et je n’ai jamais vraiment travaillé ma manière de chanter avant de faire l’album, c’est un peu une histoire bizarre, parce que c’était même pas censé être un album, moi je ne me suis jamais vu comme un chanteur je jouais juste de la guitare mais des fois je chantais en même temps. Mais quand on a fait l’album je suis devenu un peu la voix Islandaise dont les gens parlaient et j’ai du devenir un vrai chanteur. Tu sais j’avais déjà chanté quelques fois mais juste pour moi, juste comme tout le monde fait, je suppose.

Ton pays t’inspire-t-il dans tes chansons ?

Oui ! Dans beaucoup de choses je crois. Avec la scène musicale et les gens que je connais là bas, tout ce que j’ai écouté depuis que je suis petit, mais aussi l’environnement et le pays en lui-même. Il y a beaucoup de choses à voir et je pense que ça pourrait être une inspiration pour n’importe qui. Et le fait qu’on soit un plus petit pays, en terme de population ca correspond peut être à une petite ville de France, 300 000 personnes, et en même temps on essaie de faire tellement de choses, et de réussir dans tellement de domaines, donc c’est encourageant d’avoir cette histoire, cette culture, et d’avoir autant de bons artistes et de choses uniques qui se passent et qui peuvent t’inspirer. Et ça a clairement été le cas pour moi.

Peut être une question que tu aimerais te poser à toi-même ?

Une question que j’aimerais me poser ? (rires)

Euh… Oui ok ! Je ne pense pas être intéressant à ce point, je n’ai pas vraiment de question pour moi. Euh. Choisis pour moi !

D’accord, alors, quels sont tes projets pour l’année à venir ?

Mes projets pour cette année et de tourner pendant les deux premiers mois et après je rentrerai à la maison, en Islande, pour enregistrer un nouvel album.

Pour finir, tu as des découvertes Islandaises que tu aimerais partager ?

Oui ! Il y en a beaucoup comme Samaris, c’est un groupe que tu devrais aller checker, c’est genre de l’électro. Il y en a un autre qui s’appelle Verk, qui a été un de mes préférés, Agent Frasco qui est un groupe de métal progressif avec un chanteur classique, j’adore vraiment ça, tu devrais aller checker aussi.

Remerciement à Amélie et Fanny de l’Epicerie Moderne ainsi qu’à Anicée de chez Because Music pour cette interview.

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