Rencontre avec Buridane

Par le 21 mai 2013

Buridane est une jeune artiste francophone venu de Lyon ou elle a tournée pendant quelques temps, ici et là, avant de prendre son envol. La voici en interview avec nous afin de la découvrir un peu plus en détail.

Hello Buridane, tu peu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ? Parle-nous de toi, de ton histoire, ton parcours…

Ecrire a toujours fait partie de moi, depuis très longtemps. Une béquille et une nécessité. Je me destinais à être danseuse, et puis j’ai manqué de courage. J’étais aussi frustrée dans ce mode d’expression « silencieux ». La chanson au départ, ce n’est pas parce que j’aimais chanter ou faire de la guitare, simplement c’était le moyen le plus efficace de partager un texte avec un public, de manière directe, frontale. Mon parcours ? deux ans seule en scène, puis ensuite accompagnée de trois musiciens (David Granier, Sylvain Ferley, Daniel Jea).

Pourquoi « Buridane » ?

J’ai ajouté un « e » au nom de Buridan. Un philosophe auquel on attribue l’histoire d’un âne qui s’est laissé mourir de faim et de soif faute de ne pas avoir su choisir entre l’eau et l’avoine.

Parle nous de ton album Pas Fragile. La création, pourquoi ce nom…

J’ai fait beaucoup de scène avant de penser à l’album. Ces quatre années ont été nécessaires pour forger ma création, mes chansons, mon identité. Savoir qui l’on est prend du temps, et « Pas fragile » n’est sans doute que la première pierre de cette recherche. J’avais le sentiment de devoir me batailler contre l’image lisse et classique d’une « fille blonde qui chante avec une guitare ». Compliqué aussi de passer de l’acoustique pure à des versions arrangées de mes chansons. J’ai travaillé avec Pierre Jaconelli (La Superbe de Biolay). Une super rencontre. Une première très belle expérience. L’album n’est sans doute pas parfait, mais je l’aime tel qu’il est. Je sais pourquoi il est ainsi et je peux en défendre les moindre recoins !

Comment tu procèdes pour composer tes chansons ? Et les textes ?

Je me trimballe avec un thème, un bout de phrase dans la tête pendant un bon moment. ça mature dans un coin, se nourrissant d’expériences, de rencontre, et puis quand je sens que ça vient, je me mets à écrire, et quand je sens que ça commence bien, je prends vite la guitare et je compose et écris de concert. Parfois, c’est d’abord le texte qui me tombe dessus, sans musique, sans rien. Au fond tout ce qui compte, c’est que je sache de quoi je parle, que je parvienne à en faire un tableau abstrait, fait d’impressions, d’émotions, de suggestions, d’images, et que les mots dans la bouche fassent déjà comme une musique, une rythmique.

Quelles sont les rencontres qui t’ont marqués depuis le début de ton parcours ?

Aux Chantiers de Francos, j’ai travaillé avec un coach. Je n’aime pas trop ce mot qui m’évoque de la froideur et l’idée de performance à tout prix. Hors Jean-Claude Catala regorge d’humanité et se trouve pile à l’opposé de ça. J’ai beaucoup appris auprès de lui, en l’espace de peu de temps. Cinq ans plus tard, je pense encore a ce qui a pu être dit en séance de travail. Aussi, je pense à mon tourneur, qui a été l’un de mes premiers partenaires, et à croire en mon projet alors qu’il était encore à un état complètement embryonnaire. Et celle avec mes musiciens, qui m’accompagnent depuis bientôt trois ans. C’est un luxe et une vraie chance d’être entourée de gens talentueux à la fois dotés de qualités humaines certaines.

Comment c’est passé l’accueil du public avec ce premier album ?

J’avais peur que les fidèles de la première heure ne supportent pas le passage du solo au groupe. En réalité, nous avons réussi à maintenir cette espèce de proximité que procure le solo, cette intimité, tout en gagnant en nuances et en énergie, en donnant une vraie place à la musique. L’accueil de ce premier album est très encourageant.

C’était comment de travailler avec Pierre Jaconelli qui a travaillé avec des artistes comme Obispo ou encore Calogero ?

Au départ j’ai pensé qu’il y avait une erreur de casting. Nous avons fait un essai, un après-midi, sur un titre. Je n’y croyais pas, mais ce qui m’a poussé à faire cet essai c’est le travail qu’il avait fait avec Benjamin Biolay. Et j’ai été conquise. Des mois qu’on travaillait sur les arrangements sans parvenir à un résultat excitant, et là, en un après-midi, j’avais redécouvert ma chanson. Pas besoin de beaucoup parler, j’avais l’impression qu’il comprenait simplement en me regardant. Notre communication non-verbale fonctionnait à merveille ! Je ne pensais pas que j’aimerais le travail de studio, et pourtant, ça a été une expérience très très forte.

Et ton groupe dans tout ça, comment sont venu les rencontres avec tes musiciens ?

Les musiciens jouent avec moi depuis 2010. J’ai rencontré David (le batteur) et Sylvain (le bassiste) sur Lyon. L’un tenait un resto-brocante-concert et j’étais venue jouer chez lui, l’autre était au Conservatoire de Lyon avec moi. Daniel (le guitariste) est de Paris, c’est David qui nous l’a présenté, ils avaient joués tous les deux dans d’autres groupes auparavant.

Plutôt scène ou plutôt studio ?

Même si le studio est un excellent souvenir, je vais dire « plutôt scène ». C’est un peu bateau de dire que c’est là que ça se passe, et en même temps c’est vrai que c’est un challenge à chaque fois. On a beau jouer plus ou moins les mêmes chansons chaque soir, la façon dont le concert va se dérouler est toujours imprévisible, il y a une part in-maîtrisable, et c’est ce qui fait je crois qu’on appelle ça du « spectacle vivant »

Le dernier album que ai acheté ? Le premier ?

The Lumineers (leurs chansons feront partie de la BO du prochain film de Michel Gondry, « L’écume des jours »).

Le premier, j’avais dix ans, était un disque d’Axelle Red.

La chanson que tu écoutes en boucle sur ton iPod ?

Bon… je ne suis pas moderne, je n’ai pas d’iPod, pas de lecteur mp3. Dans ma voiture, j’avais un lecteur K7. Et j’écoutais en boucle Paul McCartney, Unplugged (The Official Bootleg).

Ton artiste favori ?

Batlik.

L ‘album indispensable pour toi ?

Redemption, de Jude.

La meilleure chanson ?

J’adore t’écrire, Franck Monnet

Tu as un rituel avant de monter sur scène ?

Je donne des coups de poings dans les mains de mon igné son. Et puis ensuite, avec les musiciens on fait un petit cercle, front contre front et on se rappelle deux trois évidences qu’on a tendance à oublier avant de monter sur scène.

Dernière question, tu as un petit message à laisser à nos internautes ?

Façon sympa de découvrir tout ça sur scène : nous serons présents sur quelques festivals cet été, les dates seront bientôt annoncées sur la page Facebook, ainsi que sur le site internet : www.buridane.fr Nous jouerons notamment à Lyon aux Nuits de Fourvière, aux Francofolies de La Rochelle, au festival de Maubeuge, mais aussi de Poupet, bref… il y en a pour toutes les régions !

Merci beaucoup d’avance, au plaisir de te croiser sur les routes pendant ta tournée.

Merci à vous.

Remerciement à Believe Digital et Caravelle Prod pour cette interview.

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