Rencontre avec Camp Claude

Par le 18 septembre 2014

Camp Claude, c’est l’un des phénomènes de l’année 2014. Un projet éclair, presque viral tant il a conquis la sphère parisienne rapidement. Né d’une rencontre entre Diane Sagnier, photographe et réalisatrice que l’on ne présente plus, et le duo Mike Griffts et Léo Hellden membres de Tristesse Contemporaine, Camp Claude est un « groupe ». Une création qui semble couler de source, et s’organiser naturellement autour de trois individus qui se sont tout simplement trouvés.

C’est lors du festival parisien Rock en Seine en août dernier que nous avons rencontré la volubile Diane Sagnier, autour d’une interview présentation.

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Bonjour Camp Claude !

Bonjour !

Ton nom de scène tu le prononces à l’anglaise. Tu le veux énigmatique ? Tu as envie que le public s’interroge au sujet de sa signification ?

« Camp Claude »… oui pourquoi pas, énigmatique c’est bien ! (rires) On n’y a pas pensé comme ça, on voulait un nom de groupe parce qu’on est trois. On aimait bien l’idée d’un lieu dans lequel on peut aller se perdre, un peu comme un camp de vacances par exemple dans lequel tu passes quelques semaines et auquel tu repenses toute l’année, tu as toute la nostalgie de ce soleil éternel, de ce lieu dans lequel tu es allé. C’est un peu l’idée de « Camp Claude ». Claude c’est mon deuxième prénom et c’est un prénom mixte. On aimait bien ça parce que du coup les deux autres membres du groupe Mike et Léo sont des garçons.

Donc « Camp Claude ce n’est pas un projet solo ?

Non, tu nous verras jouer, on est vraiment un groupe (rires).

Après seulement un EP (« Hurricanes ») vous jouez à Rock en Seine. C’est quelque chose de fou ou ça correspond simplement à tes ambitions ?

C’est totalement fou c’est clair. Après mes ambitions n’allaient même pas jusque-là au départ (rires). Je suis super contente, c’est super qu’ils aient pu nous proposer cette date, on va juste essayer de faire de notre mieux.

Peux-tu nous parler de l’album à venir ?

Bien sûr oui ! On a enregistré pas mal de titres, il y a aussi ceux de l’EP qui y figureront, qui sont enregistrés-masterisés-finalisés. L’album est presque près, il faut qu’on peaufine un peu tout ça et je pense que ça sortira l’année prochaine, ça serait cool et j’ai hâte. En live vous allez entendre pas mal de choses qui seront sur l’album.

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On doit te poser souvent la question mais pour toi la musique et l’image sont très liées ?

Bien sûr pour moi c’est un tout. J’ai toujours fait de l’art en général, petite je dessinais beaucoup. Je chantais je jouais de la guitare. En grandissant j’ai eu un groupe de rock au lycée et j’ai poursuivi mes études en photo. La première vidéo que j’ai faite c’était sur une de mes chansons et tu vois maintenant je suis réalisatrice. Donc c’est vraiment dans la même logique ce sont deux univers visuels et sonores qui se complètent en fait, qui vont bien ensemble.

Arrives-tu à laisser aux autres le soin de s’occuper de l’image de Camp Claude ?

Là c’est un peu compliqué ! (Rires) Pour l’instant on a fait un peu avec ce qu’on a pu, j’ai demandé à des amis de nous aider pour les photos de presse, mais on a tout bossé ensemble. Même chose pour les clips, j’ai eu de petites aides de caméramans, ce qui est normal, mais sinon j’ai tout réalisé moi-même. J’ai refait des photos récemment avec un photographe qui s’appelle Bertrand le Pluard et qui est génialissime. Donc pour le coup, ça dépend de qui j’ai en face. Si j’ai quelqu’un qui est vraiment bon et dont j’adore le travail je vais lui faire confiance, si je ne suis pas sure je vais angoisser. Les premières vidéos qu’on a faites c’était éprouvant parce que j’en avais fait plein pour d’autres groupes moi-même et je sais exactement ce qui va fonctionner ou non. C’est dur de déléguer mais on peut avoir de bonnes surprises donc il faut lâcher un peu prise.

Comment s’organise la composition dans « Camp Claude » ?

Mike et Léo sont beaucoup sur les productions sonores à la base, puis on les retravaille tous ensemble. Je bosse sur les paroles avec Mike. On se voit ensuite en studio, on réarrange tout ça, on réécoute. Quand on fait des répètes on arrive à remodeler les chansons, à retravailler certaines compos. J’essaie d’avoir main mise sur toute l’image et ils valident bien sûr, on en discute, ils me proposent des choses aussi… Ça tourne c’est vraiment un échange sur tous les plans.

Continues-tu à pratiquer la photographie professionnellement ?

On a commencé à faire des concerts en février dernier donc pour l’instant j’ai toujours mon métier, je suis toujours photographe et j’espère ne jamais le perdre parce que j’adore ça. Chaque chose en son temps. Je fais plein de choses en même temps tout le temps donc ça va fonctionner, je pense.

Ta notoriété en tant que photographe a-t-elle servi de tremplin à ta carrière de musicienne ? As-tu toujours eu envie de faire de la musique ?

Les gens aiment à croire ça. Après je ne sais pas à quel niveau. Aujourd’hui quand on est un groupe il faut avoir de belles chansons et avoir un bel univers visuel aussi, auquel les gens puissent s’accrocher. Donc oui ça aide énormément. Après est-ce ça qui nous a fait sortir du lot, je ne sais pas. Mais j’ai rencontré les garçons (Mike et Léo) via mon métier donc ça peut aider aussi (rires).

Après 6 gros mois d’expérience scénique tu te sens plus à l’aise dans la lumière d’une scène ou dans la chaleur du studio ?

La scène ça va de mieux en mieux et le studio je suis toujours à l’aise donc il n’y a pas vraiment de problème. Ce sont des énergies vraiment différentes. Même si j’ai l’habitude d’être derrière la caméra, j’ai toujours fait de la musique, eu des groupes dans lesquels on dégueulait nos boyaux sur scène (rires), donc il n’y a pas vraiment de frayeur, c’est un coup de stress c’est sûr, de la pression, de l’angoisse. On a encore du travail à faire mais pour l’instant ça va bien.

Remerciement à Diane et Anthony Lapoire pour cette interview.

Photos : Florian Duboé

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