Rencontre avec Edward Sharpe & The Magnetic Zeros

Par le 16 septembre 2016

Après le succès de du tube « Home » et un troisième album éponyme en 2013, Edward Sharpe et ses Magnetic Zeros sont de retours cette année avec PersonA. Un nouveau disque dans la lignée des précédents dans un style indie-folk avec un petit vent de fraîcheur côté production en plus. Nous les avons rencontrés à l’occasion de leur passage par la capitale et le festival Rock en Seine cet été, l’occasion d’échanger un peu avec eux sur leurs premiers émois musicaux.

Donc, j’essaie de te poser une question en Anglais, tu essaies de…

ESMZ : … de répondre en français ? (parle en français). « Bon chance ! » Non, impossible mec ! Allez, peut-être. Si je me sens assez en confiance. C’est marrant, tous les Français pourront se foutre de moi ! (rire).

edwardsharpe

Peux-tu nous raconter quelques anecdotes sur votre premier concert en tant que groupe ?

ESMZ : Le premier concert d’Edward Sharpe que j’ai vu, j’étais dans le public ! J’avais déjà rencontré Alex dans une maison à Laurel Canyon où il vivait à l’époque. Elle s’est d’ailleurs appelée « la maison de Franck Zappa » parce que Franck Zappa y habitait, tout simplement. Et il un truc magnifique dedans, c’est cet avec arbre en plein milieu ! Toutes les pièces semblent connectées à cet arbre, c’est très beau, juste en face du « Houdini Estate ». On était tous juste posé entre amis, c’était une sorte de fête. Et Alex a dit « oh, on voudrait faire ce show ! ». Tous nos amis étaient là et c’est la première fois qu’il jouait et que quelqu’un entendait les morceaux d’Edward Sharpe & the Magnetic Zeros. C’était qu’avec le « matériel » du premier album donc il n’avait pas beaucoup de chansons mais beaucoup de sons différents et de trucs très bizarres, c’était génial.

LLM : Quelle est ta chanson préférée à jouer en live ?

ESMZ : En ce moment, on est tous d’accord sur « Wake up the Sun », sur le nouvel album. Elle a quelque chose de très viscéral et émouvant. Ca touche la religion et dans les paroles, Alex suggère qu’il n’y a pas (ou plus ?) de religion. Du coup c’est très fort et émouvant quand on joue la chanson, mais aussi musicalement, elle nous amène vers quelque chose que peu d’autres chansons nous permettent et c’est un vrai plaisir pour nous.

LLM : Peux-tu nous parler de ta première révélation musicale ? Personnellement, et ensuite pour les autres si tu sais peut-être.

ESMZ : Oui, c’est une question très personnelle, je peux seulement parler pour moi. Je pense que c’était au moment de mon déménagement. J’ai d’abord grandi à la Nouvelle Orleans en Louisiane et ensuite je suis parti à Los Angeles juste après l’Ouragan Katrina. J’avais fait un peu de musique, beaucoup de chant en grandissant. Mais à Los Angeles, j’ai enfin commencé à jouer avec des amis, faire des choses un peu plus formelles et ça m’a aidé à passer un cap dans ma créativité, dans ce que j’ai pu produire.

J’étais engagé sur le projet de Edward Sharpe dès le départ, mais c’était un peu par intermittence parce que j’étais sur d’autres groupes aussi, un peu dispersé ici et là. Et après quelques temps, j’étais enfin à plein temps avec Alex et tout le monde. Et comme je disais plus tôt, c’était tous mes amis, je les connaissais depuis le départ. Mais malgré ça, pouvoir faire l’expérience d’un concert live sur scène et être qui nous sommes… Je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de groupes comme nous. Actuellement en tout cas. Ca c’était une grosse révélation. A ce moment là, ton esprit s’ouvre à quelque chose de complètement différent que tu n’aurais jamais pu imaginer, c’est quelque chose qui doit t’arriver pour le vivre.

Quel était ton premier festival en tant que spectateur ?

ESMZ : Premier festival, c’était Lallapalooza à la Nouvelle Orléans ! C’est un des shows dont je ne m’arrête jamais de parler, en particulier parce que Rage Against The Machine jouait. Tellement de gens n’auront jamais la chance de voir RATM. C’était complètement dingue. J’étais terrifié, excité, j’avais tellement d’émotions, c’était de l’énergie pure. Ca nous a tous rendus complètement fous. Je suis sûr que certains se sont même blessés. C’était intense. Ils ont joué cette chanson, « Freedom » et devant la batterie, ils avaient accroché un drapeau américain, mais il était à l’envers, et sur une ligne, il y avait écrit 666. Super cool ! Et sur une autre ligne blanche, il y avait écrit « No Freedom ».

Quand ils ont fait la chanson « Freedom », dans un timing parfait comme si c’était préparé, un mec du public s’est incrusté sur scène et a chargé le drapeau. Il s’est tout de suite fait plaquer au sol par la sécurité qui l’a ensuite viré, et il y a eu une grosse pause. Je me rappelle que Zack était juste planté là, il a pris un moment. Et c’est comme s’il y avait eu un cadeau parce qu’ils se sont remis dedans et là, pffffff, on aurait pu mourir à ce moment là, ça c’est le rock n roll, c’était super cool. Mais oui, Lallapalooza. Je me rappelle même plus quelle année c’était mais il y’avait aussi Soundgarden, Metallica, et donc Rage Against The Machine.

Pour finir, quelle est la suite du programme pour le groupe pour ses prochains mois ? 

ESMZ : Après ça, on va encore voyager un peu, peut-être dans un ou deux mois en Amérique du Sud. On n’y va pas assez mais on est toujours invité. Ca va être excitant. Sinon, du nouveau « matériel ». Tout le monde en fait un petit peu chacun de son côté. J’ai sorti un album solo il y’a un an et demi ou deux ans, et je suis prêt à en finir un autre. Mark aussi. Tout le monde travaille sur quelque chose. Mais je suis curieux de savoir quand on va vraiment se remettre tous ensemble pour faire un nouvel album. Mais je ne sais pas quand, c’est dur à dire. On vient juste de faire celui-là et on est à fond dessus, et c’est cool, on en est très content.

Remerciement à Bérangère et au groupe pour avoir répondu à cette interview.

Traduction : Olivier Domengie
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