Rencontre avec Le Vasco

Par le 10 mai 2014

Rencontre avec une bande de copain qui attire l’attention depuis des mois avec une musique inclassable, un univers visuel à part entière et une énergie bouillonnante. Auteurs d’une mixtape Passion Things disponible depuis décembre, ils préparent actuellement un premier album sur le label Pop Noire Records (Lescop, Savages, John & Jehn). A l’occasion de leur passage sur Lyon (Le Sucre), nous avons échangé quelques questions avec la chanteuse du groupe, Louise Calzada, qui nous parle de la musique, passionnées, la tête bien vissée sur les épaules, et une conception de la musique à la fois touchante et authentique. Découverte de Le Vasco.

D’où vient l’idée de sortir des mixtapes régulièrement ? Notamment avec Passion Things qui est disponible gratuitement en téléchargement…

Ça vient du fait que l’on avait pas mal de chansons en stock, on ne se voyait pas sortir un album encore à l’époque parce que l’on pense qu’il y a un travail de cohérence à trouver et aussi un travail de maturité je pense dans un premier album. Et là, c’était vraiment les chansons d’une période et on avait vu le travail de Petit Fantôme, le fait qu’il avait sorti un format mixtape on s’est dit que c’est cool, il y a un côté un peu rap, un peu hip-hop, mais en même temps lui c’est un truc ultra pop. L’idée d’un format qui commence à un moment, qui s’arrête, ça s’enchaîne tout le temps et ça forme une espèce de flux que l’on parcours, le concept nous a vraiment bien plu. Et on la faite ultra vite, ça nous a pris très peu de temps, trois mois environ.

Et comment l’avez-vous créé ? 

Tout au long de l’année de 2013, on avait déjà composé les morceaux et on les jouait en live. Par contre pour l’enregistrement on a tout fait tout seuls, fait maison sauf le mastering. (sourire)

D’où vient l’idée du nom “Le Vasco“ ? 

En fait c’est un nom que j’ai tiré d’une pièce de théâtre qui s’appelle Histoire de Vasco d’un Libanais qui se nomme Georges Schéhadé, un auteur du XXème siècle. Pour la petite histoire, il y a eu un moment ou on voulait absolument trouver un nom, du coup on s’est tous mit autour d’une table et on s’est dit “à la fin de cette discussion on trouve un nom“ et j’avais dans mes notes Histoire de Vasco, je me suis dit Vasco c’est cool mais Le Vasco je trouve ça encore plus cool parce que c’est presque antinomique par rapport à nous parce que c’est singulier et masculin alors que nous, nous sommes un groupe et que la voix que l’on entend c’est la mienne, c’est une voix féminine. Et c’est aussi un nom qui n’a pas de rapport avec un style de musique en particulier, on ne peut pas savoir ce que l’on fait quand on écoute le nom, et puis ce n’est pas un nom anglo-saxon, ce qui nous plaisait beaucoup. Et c’est prononçable dans pas mal de langue quand même. (sourire)

Est-ce que tu peu nous parler des divers influences dans le groupe ? 

Il y a des influences où l’on se retrouve tous comme avec Death Grips et James Blake, ou bien encore, Dirty Bitches, Jamie XX des choses comme ça. Après on a aussi chacun ses propres influences, on écoute tous des musiques différentes. Par exemple le claviériste du groupe en ce moment il est à fond dans les musiques de manga d’auteur et aussi dans les impressionnistes russes, il est beaucoup influencé par l’écriture classique, du coup il écoute beaucoup de choses impressionnistes. Baptiste le guitariste du groupe écoute beaucoup de techno en ce moment et un petit peu de folk, des choses comme Mac Demarco aussi. Le saxophoniste est très hip-hop en ce moment, Raphaël (MPC) écoute mille trucs, des trucs qui sont d’ailleurs des fois pas du tout à la mode et moi en ce moment j’écoute beaucoup une compositrice qui s’appelle Julia Holter. Elle a sorti un album qui est juste ouf !

Ton meilleur souvenir depuis le début du groupe ? 

Il y en a énormément. (sourire) Hum… il y a un petit festival que l’on avait fait dans l’Essonne qui s’appelle Trasta Roots, c’était un concert que l’on a fait dans un bar PMU, je ne me souviens plus si on s’appelait déjà Le Vasco mais s’était vraiment le tout début, on avait joué pendant trois heures du coup en répétant les morceaux encore et encore. C’était vraiment de fort moment de groupe, et dans ses forts moments aussi, cet été dernier on a fait une tournée dans les Balkans pendant une dizaine de jours, on a voyagé en Bosnie, en Slovénie, en Croatie. C’était vraiment très beau, on a joué dans tout type de condition et rencontré des gens très sympa dans un contexte ou la musique n’est pas facile d’accès, ou c’est un peu dur d’organiser des concerts et c’était vraiment très cool.

Qu’elle importance à l’aspect visuel dans Le Vasco (vidéos, photos…) ? 

C’est super important pour nous car ça développe beaucoup l’univers artistique au delà de la musique, on essaye d’ailleurs de le faire nous même parce que d’une certaine manière on a quelque chose à faire la dedans aussi et ça permet, sans élucider notre musique, de donner une image vraiment. Et les deux fonctionnent ensemble, on est encore en apprentissage dans cet art. (sourire)

Une découverte à nous faire partager ? 

Un truc Anglais qui s’appelle Molly, on a découverte ça. J’ai un tout petit peu écouté mais les autres plus, et c’est vachement cool!

Les rêves et les projets dans le groupe pour les mois à venir ? 

Pour le coup on vraiment se lancer d’un album cette fois-ci! Et on part dans un rêve qui va se réaliser et qui est à très courte échelle, on part en Angleterre début mai, et ça, ça va être dingue parce que c’est l’Angleterre quand même! (rire)

Un autre endroit ou vous rêveriez de jouer à part l’Angleterre ? 

Aux Etats-Unis et en Norvège ! (sourire)

Un objet fétiche ? 

On a eu des petites figurines de divinité indienne avant notre concert au Transmusicales de Rennes pour nous porter pour le concert et depuis on l’a gardé. On trouve ça très joli comme petit objet, un chacun!

Et un dernier mot pour finir ? 

C’est bon de faire des concerts… Passions Things ! (rire)

Remerciement à Louise du groupe Le Vasco, à Matthieu et à Anthony pour cette interview.

Crédit photo : Lucie Rimey Meille

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