Rencontre avec les Casseurs Flowters

Par le 24 juillet 2014

La semaine dernière sur le festival de Dour, un nombre incalculable de grands concerts avait lieux. Nous vous raconterons d’ailleurs notre périple en terre belge dans quelques jours. Entre concerts et sessions live, nous avons eu la chance de rencontrer les Casseurs Flowters aka Orelsan & Gringe pour en apprendre (tout en rigolade) plus sur ce projet.

A ce qu’on a compris ce projet est bien plus vieux que le projet solo d’Orelsan, comment vous en êtes arrivés à jouer ensemble ?

Gringe : L’élément déclencheur c’est Orel qui est venu me voir quand je bossais dans un magasin de skate et qui m’a demandé si je voulais monter un groupe de rap avec lui. On avait des potes en commun et je l’ai trouvé marrant dans sa démarche, habillé un peu n’importe comment, il m’a fait marrer, c’est parti comme ça.

Orelsan : A vrai dire je sais même pas quelle a été ma motivation, je me suis dit qu’il y avait un truc cool à faire. J’en avais marre de faire de la musique tout seul.

Gringe : On ne se connaissait pas avant, on s’était croisés dans des soirées. On vivait dans une petite ville donc tu sais qui rappe et qui rappe pas, et moi je l’avais vu freestyler dans une soirée et il avait raconté sa journée en impro et j’ai trouvé qu’il avait eu du toupet. Ca m’avait charmé et quand il est venu me demander je me suis dit « ok cool, le mec est un peu loufoque, il a l’air cool aussi » et c’est parti comme ça.

Orelsan : Et puis après on a sorti une mixtape en 2003 et puis on a fait plein de chansons jusqu’à maintenant, mais on n’a jamais poussé le truc jusqu’à un album. Et là sorti du chant des sirènes on a tourné ensemble, on a fait un morceau qui a bien marché, Ils sont cool, on s’est dit que ce serait bien de faire un plus gros truc, mais on savait pas si on allait faire un EP ou une mixtape ou un album et au final on a poussé vers l’album parce qu’on s’est dit que ca valait le coup.

Justement sur cet album, j’ai l’impression que vous parlez beaucoup de vous et de ce qui a pu vous arriver avant et après le projet Casseurs Flowters.

Orelsan: Oui il y a une suite logique derrière tout ça, on va dire que ça raconte une journée de notre vie. Après on a un peu caricaturé tout ça mais tout est tiré d’histoires vraies.

Gringe : C’est vrai. Des putes et moi par exemple. Totalement autobiographique. Non c’est vrai que de temps en temps on force un peu le trait, on sait que quand on en glisse une petite elle va faire grincer des dents ou va choquer un peu, mais c’est la touche Casseurs Flowters. Notre premier morceau ça a été Saint Valentin donc forcément on n’a pas fait dans la guimauve dès le début. C’est aussi une petite piqûre de rappel pour les toutes premières personnes qui nous ont écoutés.

Qu’est ce que ça vous apporte de jouer ensemble plutôt que dans vos projets personnels ?

Gringe : Moi je n’ai pas de projet personnel (rires d’Orelsan), c’est mon seul projet solo, enfin de groupe mais avec un investissement solo important. C’est mon école du rap ce qu’on a fait en studio avec Orel, j’ai appris à choper certains réflexes, j’ai suivi ses conseils et ceux de Skread, c’est ma première expérience.

Orelsan : Moi c’est trop cool parce qu’à la base on avait ce groupe, et puis faire des trucs à deux ca n’a rien à voir avec faire des trucs tout seul, même dans la forme des morceaux on a choisi de vraiment exploiter le fait de raper à deux, même sur scène on fait beaucoup de dialogues et on s’éclate quoi. Et puis je sais pas, Gringe et moi on a habité genre dix ans en coloc et on a plein d’anecdotes qu’on voulait raconter avant de tourner.

Gringe : Par exemple, quand j’habitais chez Orel, j’avais un appart à 200m et je payais un loyer, mais j’ai pas mis les pieds une seule fois dans cet appart. En fait ça me faisait kiffer d’être le premier pauvre à avoir une résidence secondaire dans la même ville.

Orelsan : En fait c’était une petite maison que j’avais, et y avait une chambre, c’était la chambre de Gringe quoi, et on lui glissait ses pizzas sous la porte, on appelait ça la garde à vue parce qu’il ne sortait jamais de cette chambre. Et moi j’avais plein de potes qui venaient et des fois ils me disaient « Où est ce qu’il est Gringe en ce moment, il va bien, on l’a pas vu depuis longtemps » et je disais « Bah il est là haut ! ». Des fois j’avais des potes qui venaient trois semaines, un mois, ils voyaient pas Gringe.

Gringe : Sauvage ! Pone s’ennuie… quand Pone commence à tagguer c’est qu’il s’ennuie.

Orelsan, est-ce que tu penses que ce projet Casseurs Flowters t’a aidé dans ta carrière solo ?

Orelsan : Oui bien sur, en rappant ensemble je pense qu’on s’apprend des trucs mutuellement, et on avait fait une première mixtape en 2003 sur laquelle il y avait plein de morceaux solos aussi, et moi je sais que ca me motivait parce qu’à la base moi je ne voulais pas faire du rap, je voulais faire des prods. C’est Gringe et Skread qui m’ont dit « Tes prods elles sont pas terribles (rires collectifs), quand tu rappes y a un univers »

Gringe : Mais si elles étaient cool ses prods, y a une qui s’appelle les Salamandres, elle déchirait. Le nom est nul mais ca te donne un petit peu un apercu de ce que ca donne

Orelsan : au début elle était cool et à la fin ça jouait le thème de Fort Boyard.

Sur scène vous dialoguez beaucoup, comment ça se passe pour l’écriture de vos morceaux et de vos instrus ?

Gringe : On se concerte, on rentre chez nous, on écrit nos parties, on s’envoie des textos, mais un morceau comme Des Putes et moi on a du mettre trois mois à l’écrire et c’était chacun de notre côté. En plus on voulait que ce soit celui qui ait le couplet le plus hardcore, le plus croustillant, donc là on s’est rien dit on a un peu gardé le mystère sur nos textes mais sinon on écrit un peu ensemble. C’est un travail de concertation quoi, avec Skread et des potes autour.

Skread qui vous fait donc les instrus ?

Gringe : Oui, en partie mais il n’est pas le seul même s’il en fait les trois quarts. Il y a Pone aussi qui en a posé une, La nouvelle paire.

Pone : Meilleur morceau de l’album d’ailleurs

Orelsan : Il y a un gars qui s’appelle Visio qui a fait aussi des instrus pour l’album, et Eddy qui était mon guitariste de la tournée d’avant. Mais Skread il fait aussi la réal de l’album, c’est lui qui nous cadre un peu parce que nous des fois on n’est pas si carrés que ça.

Un petit mot sur la programmation du Dour de cette année ?

Gringe : Je suis peiné que Taylor the Creator n’ait pas eu son avion, il aurait été ravi de mettre ses Nike Air dans la boue !

Pone : Il aurait fallu un hélicoptère de la loge à la scène !

Orelsan : Sinon la prog elle est vénère, y a Phoenix, Boyz Noise, Brodinski, Joey Bada$$ qui est en train de jouer, donc on va peut etre écourter cette interview et aller le voir jouer (rires). Mais de toute façon Dour à chaque fois c’est ultra fat, il est tellement grand ce festival que tout ce que t’as dans ton iphone est là !

Merci beaucoup !

Gringe et Orelsan : Merci beaucoup les filles c’est cool !

Pone : Mes interventions étaient hyper pertinentes

Remerciement au festival de Dour ainsi qu’à Léo de 3ème Bureau/Wagram pour cette interview. Réalisation de l’interview : Elodie et Maylis 

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