Rencontre avec les Foals

Par le 28 avril 2016

Bien présent sur les festivals en France cet été, notamment au TINALS (Nîmes), les Eurockéennes (Belfort) ou encore Rock en Seine (Paris). Nous avions rencontré les britanniques des Foals il y a quelques mois lors de leur tournée hivernale et à l’occasion du passage du quintet d’Oxford par Lyon. Fort d’un quatrième album What Went Down une nouvelle fois salué par la critique et le public avec notamment le très “poppy“ « Mountains At My Gates » et le touchant « Give It All« . C’est avec Walter Gervers, bassiste du groupe, que nous avons eu la chance d’échanger quelques mots sur ce nouveau disque donc.

Le chaos est le thème qui revient souvent dans l’album, pourquoi ce choix ? 

Hum… Je pense que c’est assez difficile d’y répondre moi personnellement, c’est plus une question pour Yannis pour ce qui est des textes du groupe. Cela dit, je pense que ce qu’il dirait c’est qu’à travers les chansons et comme beaucoup d’autres d’ailleurs, il y a une certaine beauté dans la façon accidentelle dont elle nait. Le fait que nous avons toujours travaillé en groupe, par exemple Jimmy (ndlr : le guitariste) va écrire quelque chose de très court sans avoir la moindre idée de ce que le résultat final donnera, après dans le processus de création du groupe et avec l’apport des textes de Yannis derrière, ça peut devenir vite très intense. Je pense que dans ce sens, cet esprit chaotique au sens littéraire vient de son goût pour les voix mystérieuse. Sur ce disque, les thèmes principaux qu’il aborde sont : la séparation, la disparition, le sentiment de non-repaire dans une ville, le futur, la destruction de la planète et la fragilité humaine. Une certaine idée du chaos du coup !

Chaque album a été enregistré dans un studio différent. Cette fois-ci vous avez choisi la France et La Fabrique à Saint-Rémy de Provence. Comment est venu ce choix ?

Tout à fait par hasard ! On avait regardé ce court métrage à propos de Nick Cave and the Bad Seeds sur Push The Skyway, un album qui est d’ailleurs absolument incroyable… Et ce son produit, cela ressemblait vraiment à ce que l’on recherchait pour notre nouveau disque. On tendait lors de la composition de celui-ci vers quelque chose qui était beaucoup plus mature que Holy Fire à l’époque, c’était une formidable expérience de “grand“ pendant l’enregistrement. Avant de débarquer là-bas nous savions que nous ne serions pas dans une grande ville ou l’on pourrait trouver des distractions (bars, sorties). C’était un endroit très calme et tranquille, un moment qui était vraiment appréciable après avoir longtemps tournée.

Pour reparler plus du studio en lui-même, le gros avantage c’était les espaces. Il y avait énormément de pièces, des endroits ou chacun pouvait enregistrer ça partie et d’autres ou nous pouvions jouer tous ensemble, il y avait aussi une multitude de possibilités et d’environnement pour enregistrer. Par exemple Jimmy travaillais ses boucles et ses boites à rythmes dans une ferme pendant que nous de notre côté, nous travaillions dans la pièce principale sur les chants et les guitares avec un simple mur en béton pour nous séparer de lui. Un grand luxe ! James Ford qui a produit l’album adorait aussi beaucoup ce studio, ça correspondait complètement à ses critères. Il ne voulait pas d’un endroit froid et renfermé.

Justement parlons de James Ford, qu’elle a été son influence dans la production de What Went Down ?

Tout d’abord je tient à dire que c’est un mec totalement génial ! Il vient à la fois du milieu rock et électronique, ça peut paraître un peu cliché mais il a joué dans pas mal de groupes, c’est avant tout un musicien formidable capable de jouer de tout par exemple du piano aux percussions, de la guitare à la basse. Il a aussi une très bonne oreille musicale pour ce qui concerne les voix et le chant. Plus que producteur, tout naturellement, c’était quelqu’un de très doué techniquement. Il aime à la fois le côté théorique et pratique d’un morceau, ça part d’une compréhension et de la manière dont a été écrite la chanson à des créations de parties… Un truc top ! Je pense que pour Yannis et Jimmy, l’apport de James a été très bénéfique car c’est un mec qui essaie vraiment de s’imprégner au maximum dans l’artiste, ce que nous avions pas trop fait sur les précédents disques…

Il nous a en quelque sorte forcé à se mettre en question constamment sur ce que nous étions, ce que l’on était entrain de faire, savoir si il y avait un but réel pour nous d’aller dans telle ou telle direction ou non… C’était une technique de travail vraiment intéressante car au bout, au lieu d’ajouter encore et encore des choses dans le processus final du morceau, nous avions simplement à supprimer des éléments au fur et à mesure et ainsi rendre la chanson plus forte et naturelle.

CNf1btWXAAAUf93

© Droits Réservés

La composition de cet album semble d’ailleurs plus mélodique, plus direct même. Est-ce que l’approche était différente pour celui-ci ? 

Hum… Je pense que le groupe a tout naturellement vieillit. On en est maintenant à notre quatrième album et ça bien dix grosses années que nous faisons des concerts et écrivons des chansons. Au fil du temps le groupe a prit en maturité, des objectifs précis ce sont dégagés petit à petit, au lieu de trouver juste un riff de guitare cool la réflexion va maintenant beaucoup plus loin. Nous avons eu énormément de chance tout au long de notre carrière et l’équilibre entre nous tous est excellent aujourd’hui. Tout est plus fluide, Yannis et Jimmy de leurs côtes sont en recherche constante de nouvelles choses à créer et à améliorer plutôt que de tourner dans une routine. C’est excellent pour tout le monde !

Petite quizz maintenant, si What Went Dont était la B.O d’un film, lequel serait-ce ?

Oh wow… Génial cette question ! Je dirais Indiana Jones !

Plutôt live ou plutôt studio ? 

A titre personnel je trouve que le studio peut être parfois un peu intimidant, je ne suis pas vraiment dans un délire “musical“ pur donc je crois que je préfère le live car je peux comprendre mes limites et trouver comment être à l’aise pour jouer une chanson. Les autres par contre sont plus à l’aise en studio car ils sont beaucoup plus créatifs. On a toujours réussi à faire les choses différents, nous calons tout en studio et ce n’est qu’après que nous déterminons comment on va arranger le morceau pour le jouer en live par la suite plutôt que de simplement faire un copier/coller.

Un groupe que vous admirez pour son aspect créatif du coup ?

Je suis très très mauvais pour ce qui est des découvertes de nouveautés mais il y en a un pas si nouveau du coup qui est incroyable c’est Tame Impala. Tout d’abord c’est très rafraichissant d’avoir un groupe qui vient de si loin, pas beaucoup de groupes émerge d’Australie et encore moins de Perth. Mais leur style musical a parler à beaucoup de monde et il ne faut pas oublier que Kevin Parker est une sorte de génie dans le sens ou à lui seul, il arrive à emprunter la juste quantité d’influences des vieux groupes, combiné à une perspective fraiche, naviguant entre psychédélique et pop et en jouant l’intégralité des instruments… C’est assez dingue ! On a eu la chance des les voir en live quelques fois l’année dernière et aussi au Glastonbury il y a quelques années, c’était ouf !

Dernière question, un concert marquant dernièrement avec le groupe ?

Quand nous étions à Paris il y a quelques semaines (ndlr : interview de février), c’était très spécial… Nous avons beaucoup aimé l’ambiance que dégageait l’Olympia. C’est la taille parfaite pour notre show, ni trop grand ni trop petit et la proximité avec le public est agréable. Un moment bien fun ! Et je dirais aussi Wembley, en tant que groupe britannique, c’est comme un accomplissement de se produire là-bas, très… excitant !

Merci et bon concert ! 

Merci les gars, cool les questions !

Remerciement à François de Eldorado ainsi qu’à Walter pour avoir répondu à cette interview.

Réalisation : Hadrien Perretant 

, , , , , , , ,