Rencontre avec London Grammar

Par le 20 septembre 2013

Dans le cadre de la sortie récente de leur premier album (le 9 septembre exactement), nous avons décidé de revenir sur l’histoire toute fraîche des londoniens de London Grammar, ainsi que sur notre rencontre avec eux cet été, alors même qu’ils étaient en pleine préparation de cette rentrée chargée. Révélation de cette année 2013, les London Grammar risquent d’en envelopper plus d’un avec leur vaporeux et magnétique If You Wait. Exemple percutant de ce que la nouvelle scène britannique ne cesse de nous offrir, ils sont en train d’envahir la métropole française.

Dan Rothman, Hannah Reid et Dot Major se sont rencontrés sur les bancs de l’université et tout a été comme naturel entre eux. Quant à nous, nous avons fait leur connaissance sur les toits du Mama Shelter, en plein cœur du XXème arrondissement. Ambiance cool et décontractée, lits d’extérieurs, barbecue, chevelure blonde d’Hannah, et le soleil qui nous chauffe la peau…

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L’histoire commence à l’université de Nottingham. Dan rencontre d’abord Hannah par le biais d’une photo Facebook. Par chance, elle est également pianiste, auteur et compositrice : «Nous étions à l’université ensemble, j’ai rencontré Hannah rapidement. J’ai vu une photo d’elle à la guitare puis j’ai rencontré Dot quelques années plus tard. Nous avons commencé à jouer tous ensemble et tout a été très vite. Juste pour le plaisir au début, dans les bars locaux, nous jouions des covers et des trucs comme ça. Ensuite nous avons commencé à écrire nos propres chansons, et nous avons rencontré du soutien.».

C’est qu’elle est charismatique cette Hannah, son grain extraordinaire et grave fonctionne immédiatement, une alchimie se créait entre le trio. Plusieurs chansons commencent à prendre forme, sans méthode, ni rigueur, comme nées d’un souffle naturel :

Hannah : «Nous écrivons tous les chansons ensemble. Elles viennent de différents endroits, d’une ligne de guitare de Dan, d’une partie de piano de Dot, et j’écris aussi des textes et des mélodies

Dot La plupart d’entres elles sortent d’une pièce où l’on chante tous ensemble, on commence à jamer et ça vient. Les paroles sont souvent les dernières pièces du puzzle.».

Idem pour l’écriture de leur premier opus «If You Wait»: « Nous n’avons pas écrit une seule de nos chansons en vu d’un album ou d’un Ep. Nous avons écrit toutes nos chansons de manière spontanée et y avons réfléchi après coup. Donc aucunes n’étaient prédestinées».

Le fluide semble fonctionner parfaitement entre ces trois personnalités d’influences pourtant bien différentes : Dot: «certaines se croisent comme The National, Radiohead, Fleetwood Mac, Michael Jackson… mais il y a beaucoup de choses sur lesquelles nous ne sommes pas du tout d’accord. Comme The Smith! Je hais The Smith, Dan adore The Smith (rires). Mes influences viennent globalement du heavy rock, du jazz ou du classique. Hannah aime les gros chanteurs de pop classique comme Michael Jackson ou Tina Turner. Nous sommes vraiment différents!».

Poussés par la frénésie musicale londonienne légendaire: « Pour tous les groupes qui ont a de l’ambition, qui veulent se construire une carrière, Londres est un très bon endroit», les London Grammar ont également été projetés rapidement sur le devant de la scène, grâce aux réseaux sociaux:

Hannah : «en ligne ça a été un énorme succès. Nous n’avons pas été reconnus dans la rue ou ce genre de choses mais en ligne on peut voir que les gens aiment notre musique

Dan : «Le blogging a notamment joué un grand rôle, notre musique s’est répandue largement et en peu de temps. Cela a représenté un tremplin considérable.».

London Grammar at the Montreux Jazz Festival 2014, (c)Marc Ducrest

London Grammar at the Montreux Jazz Festival 2014, (c)Marc Ducrest

Ainsi issus d’une génération jeune et 2.0, le groupe n’ignore cependant rien des vielles recettes qui assureront certainement sa longévité. Il joue notamment sur le mystère et protège déjà son image :

Hannah : «Notre image n’est pas importante mais je pense qu’au début, quand “Hey Now“ a commencé à avoir du succès en ligne, nous étions contre le fait de poster des photos de nous. Le mieux à faire était de garder une part de mystère et de ne pas vraiment avoir d’image pendant un temps. En tant que personnalités, nous sommes vraiment différents et nous n’avons pas une image de groupe très forte. Mais nous sommes ouverts aux arts visuels

Dot : «Oui nous avons des idées plus similaires en terme de vidéos, d’imageries… Plutôt que sur notre image à nous»

Dan : «C’est vrai, les gens pensent que venant de Londres, on est très lookés mais c’est faux. Nous sommes nuls avec les habits mais nous nous améliorons! (Rires). Je pense que c’est une chose naturelle que l’on a ou pas».

Mais ça ne fait rien. C’est cool! Tout semble cool d’ailleurs avec eux, tout semble arriver aussi simplement que naturellement: «nous avons une relation très simple et décontractée, aucun de nous ne tente de contrôler les autres, de créer une hiérarchie». Les choix eux aussi semblent se faire de manière décontractée! Pourquoi «London Grammar»? Facile!: « on trouvait juste que ça sonnait bien, que c’était beau, très symétrique. On l’a plus choisi par goût esthétique, il n’y a pas vraiment d’histoire derrière».

À la première écoute de l’album, on découvre un plus large éventail des influences multiples du groupe. Parmi celles-ci l’une est revendiquée en particulier: The XX à l’esthétique et la musicalité folle. 17 pépites composent donc cet LP et s’étalent comme une longue et douce nuit d’hiver. Une reprise de Kanvinsky remarquée (« Nightcall »), des compostions lumineuses (« Hey Now », « Stay Awake »), une exploration grave, aux accents roots parfois (« Flickers ») mais toujours moderne.

Trois voix, trois accents sincères et optimistes, London Grammar donne un souffle nouveau à la pop britannique. Un retour aux sensations, If You Wait signe le début d’une carrière. En bref, un album à la hauteur de nos attentes.

Remerciement à Cynthia de Because Music pour l’organisation de l’interview.

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