Interview Temples l Little Lions

TEMPLES : COMEBACK POP SURVITAMINE !

Par le 02 mars 2017

De Noel Gallagher à Johnny Marr, ils étaient plusieurs à chanter les louanges du groupe Temples. Leur premier album Sun Structures, ode à la musique psyché des décennies 60 et 70, a été unanimement salué par la critique. Avec Volcano, le groupe s’affirme avec un son radicalement plus pop et exalté pour sortir de l’ombre de ses idoles.

On a rencontré le groupe de passage à Paris il y a quelques semaines sur le plateau de l’émission Quotidien. A l’écoute de leur nouvel album Volcano, ouvertement enjoué, on s’attendait à discuter avec des gamins survoltés. On était assez surpris de les découvrir complètement éteints. On pourrait prendre ça pour de l’égotisme si ce n’est de la nonchalance, mais on s’aperçoit rapidement qu’ils ne sont pas forcément très à l’aise à l’idée de devoir décortiquer leur musique comme on le souhaiterait. « C’est difficile d’avoir du recul sur ce que l’on fait. Après quelques interviews, on sera peut-être plus à même de rationaliser et d’intellectualiser les choses. » En attendant, le groupe a décidé d’envoyer Tom et Adam au charbon, respectivement bassiste et claviériste.

Interview Temples l Little Lions

Volcano a été composé sur une période d’un an, entre octobre 2015 et octobre 2016. Les quatre Anglais avaient besoin de se retrouver au calme pour écrire après une première tournée sold out. Leurs démos en boîte, ils ont enregistré les chansons en seulement trois semaines non loin de Kettering, où ils ont grandi. Un endroit familier et suffisamment confortable pour leur permettre d’explorer de nouvelles voies et se mettre en danger. « Puisqu’on avait décidé de changer pas mal de choses dans le traitement du son, ça nous semblait important de ne pas bouleverser nos habitudes concernant l’enregistrement des morceaux, précise Tom. Travailler tous ensemble nous aide à rester concentrés sur ce que l’on fait. » Et Adam d’ajouter : « On voulait faire ce travail par nous-même. C’était un sacré défi ! Ajoutez dans l’équation quelqu’un avec qui vous n’avez jamais travaillé n’aurait pas été constructif. »

 

LIBERES, DELIVRES

Leur ligne de conduite était de rompre avec le côté ultra-référencé de leur premier album. Exit les références à la musique psyché, Volcano est plus pop, plus direct.

« On n’a pas voulu rendre hommage à une époque particulière ou précisément à l’âge d’or des enregistrements des années 60-70, comme c’était le cas sur le premier album. Evidemment ça fait toujours partie de nos influences mais ce n’est pas ce qu’on remarque en premier quand on écoute l’album. C’est une des composantes, pas le fil directeur. »

Une chose est sûre, ils n’ont plus envie de passer pour un groupe passéiste ou nostalgique, comme cela a souvent été repris dans la presse. « On cherche à rétablir la vérité sur qui nous sommes vraiment pour pouvoir sortir de la cage dans laquelle on nous avait enfermés jusque-là ! » Difficile aujourd’hui de leur arracher une quelconque affinité pour un groupe qu’ils auraient écouté ou non pendant la composition de ce nouvel album. Ils craignent qu’on leur colle une nouvelle étiquette et c’est légitime.

« On a écouté beaucoup de musiques expérimentales, des choses très audacieuses dans leur approche DIY, de l’art-rock en particulier. Ce serait trop long de tous les citer et si on ne le fait qu’en partie, ça va encore être repris partout. On n’a plus envie de ça. »

On les compare régulièrement à Tame Impala ou MGMT. « On les connaît et on les estime beaucoup mais on n’a pas du tout l’impression de faire la même chose qu’eux. » Les membres de Temples ont tous grandi avec les Beatles et chacun chérit le genre de musique qui sait conserver sa part de mystère. « C’est quelque chose qu’on retrouve dans tous les groupes qu’on aime. Le mystique occupe une grande place dans notre musique, et ça se ressent aussi dans Volcano, même s’il est plus pop. C’est dans les petits détails qu’il faut aller le chercher. »

MAL AIMES

Par contre, côté look, pas de grande révolution ! Ils sont toujours tirés à quatre épingles avec leur coupe de cheveux d’un autre temps et leurs culottes courtes. Le raccourci est vite fait pour un public non averti qui les accuserait trop vite de ne pas se renouveler. Après la sortie de Sun Structures, la planète musique a projeté sur eux le fantasme du retour des vieilles gloires du rock sixties et seventies, au risque de voir disparaître leur musique derrière leur apparence. Les principaux intéressés s’en offusquent. « Ce n’est pas vraiment pertinent de nous identifier qu’au travers de notre look. Ce n’est pas juste de dire que notre musique ne se résume qu’à ça. » Avant de reconnaître :

« L’image et ce qu’on dégage est tellement important qu’on ne peut pas non plus se permettre aujourd’hui de passer inaperçus. »

En témoigne le clip du morceau « Strange Or Be Forgotten » où ils contemplent, flegmatiques, des individus tous plus remarquables les uns que les autres.

Le public est une bête féroce difficile à satisfaire. Mais on ressent leur envie de faire bouger les lignes et moderniser leur son. « C’était important pour nous d’aller de l’avant et de montrer qu’on avait progressé tant dans la production des morceaux que dans l’écriture. » Le résultat est plus profond et plus riche.

« On aborde des sujets plus adultes avec une pointe de cynisme. Il y a aussi une portée cinématographique dans les morceaux, c’est plus grandiloquent et plus agréable à écouter (sourire). »

Ils ont complètement repensé la production des morceaux. « On a produit chacun des titres séparément, précise Adam. Et même si l’ensemble reste cohérent, on réussit à installer un univers différent à chaque fois. » Tom insiste sur un aspect fondamental de la conception de cet album : « C’est nous qui essayons de reprendre le pouvoir sur les chansons ! » Les cerveaux se sont échauffés et c’est réussi ! Dès le titre d’ouverture « Certainty », on se laisse gagner par l’excitation, pied au plancher sur toute la durée du disque. « On a eu une attitude plus sauvage et plus délirante ! », confirme Tom. Comme un pied de nez à ceux qui les qualifieraient de trop sages !

CONCERTS :

Le 19 avril à Tourcoing (Le Grand Mix)

Le 22 avril à Feyzin (L’Epicerie Moderne)

Le 24 avril à Paris (Elysée Montmartre)

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